Le 28 février 2026, des frappes israélo-américaines sur l’Iran ont déclenché la pire crise aérienne depuis la pandémie. En moins de 48 heures, huit espaces aériens se sont fermés simultanément, plus de 12 900 vols ont été annulés et un million de passagers se sont retrouvés bloqués. Compagnie par compagnie, aéroport par aéroport, voici l’état des lieux complet au 7 avril 2026 — avec les routes qui fonctionnent encore, celles qui ont repris, et les alternatives qui s’imposent.
La crise du 28 février 2026 : ce qui s’est passé

8 espaces aériens fermés, 1 million de passagers bloqués
- Date de déclenchement : 28 février 2026, frappes israélo-américaines sur l’Iran
- 12 903 vols annulés en 48 heures (≈ 40 % des départs prévus selon Cirium)
- 8 espaces aériens fermés : Iran, Israël, Irak, Jordanie, Qatar, Bahreïn, Koweït, Émirats arabes unis
- Kérosène : de 88 $ à 216 $ le baril (+145 %)
- Plus d’1 million de passagers directement affectés dans le monde entier
Selon France 24, la mise à l’arrêt simultanée des trois grands hubs de transit du Golfe (Dubaï, Doha, Abu Dhabi) est sans précédent dans l’histoire de l’aviation commerciale. Si le secteur avait connu des perturbations régionales par le passé, jamais une fermeture aussi prolongée — plus de 24 heures — n’avait paralysé autant de connexions intercontinentales en une seule fois.
La conséquence directe pour les voyageurs : tous les vols transitant par les hubs du Golfe pour rejoindre l’Asie, l’Afrique ou l’Océanie ont été annulés ou retardés. Les alternatives se sont immédiatement raréfiées, faisant flamber les prix sur les rares routes encore opérationnelles.
Tableau de bord : situation par compagnie au 7 avril 2026
| Compagnie | Tel-Aviv | Dubaï | Doha | Beyrouth |
|---|---|---|---|---|
| Air France | ❌ jusqu’au 19/04 | ❌ jusqu’au 19/04 | ✅ indirect | ❌ jusqu’au 19/04 |
| Lufthansa Group | ❌ jusqu’au 31/05 | ❌ jusqu’au 31/05 | ❌ | ❌ |
| British Airways | ❌ jusqu’au 31/05 | ❌ jusqu’au 31/05 | ❌ jusqu’au 30/04 | ❌ |
| KLM | ❌ jusqu’au 17/05 | ❌ jusqu’au 17/05 | ❌ | ❌ |
| Turkish Airlines | ❌ | ❌ | ❌ | ❌ |
| Emirates | ❌ | ✅ programme réduit | — | ❌ |
| Qatar Airways | — | ❌ | ✅ reprise progressive | ❌ |
| El Al | ⚠️ < 5 % capacité | — | — | — |
| Wizz Air | ❌ jusqu’au 20/04 | ❌ mi-sept. | ❌ | ❌ |
Compagnies européennes : Air France, Lufthansa, British Airways

Air France — Suspension jusqu’au 19 avril, pivot vers l’Asie
- Suspendu jusqu’au 19 avril : Dubaï, Riyad, Tel-Aviv, Beyrouth
- Renforcement capacités : Bangkok, Phuket, Singapour, Delhi, Tokyo (A380 et A350 supplémentaires)
- Modification gratuite jusqu’au 26 avril (KLM jusqu’au 26 avril également)
- Paris-Bangkok en direct : environ 900 à 3 500 € selon disponibilité
Face aux fermetures des espaces aériens du Golfe, Air France a immédiatement réorienté sa stratégie vers l’Asie. Dès le 4 mars, la compagnie a déployé des appareils de plus grande capacité sur les liaisons Paris-Bangkok, Paris-Phuket et Paris-Singapour pour absorber la demande des passagers orphelins des connexions via Dubaï et Doha. Ces renforcements se poursuivront tout l’été 2026, avec des vols supplémentaires vers Bangkok, Singapour, Bangalore, Tokyo et Osaka.
Selon L’Écho Touristique, Air France est la seule grande compagnie française à proposer des vols directs Paris-Asie sans escale dans les hubs du Golfe, ce qui en fait l’alternative naturelle de référence pour les voyageurs souhaitant atteindre l’Asie du Sud-Est ce printemps et cet été.
Lufthansa Group — Toutes les filiales suspendues jusqu’au 31 mai
Lufthansa, Swiss, Austrian Airlines, Brussels Airlines, ITA Airways et Edelweiss ont toutes suspendu leurs vols vers Dubaï et Tel-Aviv jusqu’au 31 mai 2026. Le groupe affiche un niveau de couverture carburant (hedging) de 82 % au premier trimestre et 77 % sur l’ensemble de l’année, ce qui lui offre une protection solide jusqu’à l’automne.
En contrepartie, le directeur général Carsten Spohr a annoncé que le groupe est prêt à lancer une nouvelle route vers Kuala Lumpur et renforcer ses liaisons vers l’Asie du Sud-Est. Selon TRT World, la suspension a été prolongée pour « garantir le plus haut niveau de sécurité » sur toutes les liaisons du groupe.
British Airways — Report gratuit jusqu’au 1er juin 2026
British Airways a étendu ses annulations vers Amman, Bahreïn, Dubaï et Tel-Aviv jusqu’au 31 mai. Les vols vers Doha sont suspendus jusqu’au 30 avril, et ceux vers Abu Dhabi restent annulés jusqu’à une date indéterminée. En compensation, la compagnie british ajoute des vols vers les Caraïbes pour récupérer une partie de ses revenus perdus.
easyJet & Ryanair : les low-cost face à la crise du kérosène
Des marges sous pression malgré le hedging
- easyJet : projet de retour à Tel-Aviv annulé pour le moment
- easyJet hedging : 84 % des besoins H1 à 715 $/tonne (niveau très compétitif)
- Ryanair : exclut tout plan d’annulation de vols
- Ryanair hedging : ~67 $/baril, le meilleur niveau du secteur
- Tarifs été 2026 : en hausse de 20 à 40 % par rapport à 2025
Les deux compagnies low-cost ne sont pas directement exposées aux fermetures d’espaces aériens du Golfe, car elles opèrent principalement en Europe et dans le bassin méditerranéen. Néanmoins, elles subissent de plein fouet la flambée du kérosène, qui menace leurs marges structurellement compressées.
easyJet continue d’ouvrir de nouvelles routes européennes : Paris CDG–Londres Stansted depuis le 5 mars, Montpellier–Manchester depuis le 30 mars, et Strasbourg–Marrakech depuis le 3 mai 2026. La compagnie a sécurisé 84 % de ses besoins en carburant au premier semestre à 715 dollars la tonne, un niveau très inférieur aux cours actuels, ce qui lui permet de maintenir des tarifs relativement stables sur le court-courrier européen.
Ryanair se distingue par sa couverture carburant à environ 67 $/baril, bien en dessous des cours actuels. La compagnie consolide son expansion en Europe : nouvelle base au Maroc à Rabat, 3 appareils stationnés à Tirana et 10 nouvelles routes au départ de Bratislava. Michael O’Leary, son directeur général, a déclaré : « Plus le conflit durera, plus la situation sera sombre » — tout en confirmant qu’aucune annulation de masse n’est envisagée à ce stade.
Turkish Airlines : Istanbul, le nouveau hub du monde

Suspension de 10 pays, mais un hub qui capte tout
- Pays suspendus : Bahreïn, Arabie Saoudite, Iran, Irak, Jordanie, Koweït, Liban, Oman, Qatar, Syrie, EAU
- Hub IST : 85 millions de passagers en 2025, carrefour de 3 continents
- Allongement : 1h30 à 3h supplémentaires selon la destination asiatique
- Paris-Bangkok via Istanbul : à partir de 650 € (contre 5 000 € en direct certains jours)
Paradoxalement, la crise a fait d’Istanbul le grand bénéficiaire de la désorganisation aérienne mondiale. La plus grande compagnie aérienne du monde en nombre de destinations a certes dû suspendre ses vols vers les pays du Golfe et du Moyen-Orient en conflit, mais l’aéroport d’Istanbul s’est immédiatement imposé comme hub alternatif majeur pour l’ensemble du trafic passagers et cargo entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique.
Selon ACTE International, l’objectif de l’industrie est de mettre en place des « ponts aériens » via des hubs alternatifs comme Istanbul, confirmé par Patrice Caradec, président du Seto. L’allongement du temps de vol est réel (1h30 à 3h selon les destinations asiatiques), mais le différentiel de prix reste souvent très favorable par rapport aux alternatives directes.
Pour rejoindre l’Asie du Sud-Est, la combinaison d’un billet low-cost Paris-Istanbul (environ 50-100 €) avec un Turkish Airlines Istanbul-Bangkok (à partir de 550 €) constitue aujourd’hui la meilleure balance coût/efficacité disponible sur le marché.
Emirates & Qatar Airways : la reprise progressive des hubs du Golfe

Emirates — 127 destinations opérationnelles depuis Dubaï
- DXB et AUH : pleinement opérationnels depuis le 4 avril 2026
- 127 destinations en programme actuel (réseau quasi-complet hors Moyen-Orient)
- France : 2 vols/jour Paris, 5 vols/sem Nice, 3 vols/sem Lyon (en A380)
- Incident 16 mars : incendie d’un réservoir à DXB (attaque de drone), opérations rapidement reprises
- Billets vers Paris en hausse de 30 à 50 % par rapport aux tarifs normaux
Emirates est l’une des trois compagnies les plus productives au monde. L’aéroport international de Dubaï (DXB), qui visait 99,5 millions de passagers pour 2026, a subi le choc de plein fouet avant de rétablir ses opérations. Le 16 mars, l’incendie d’un réservoir de carburant suite à une attaque de drone avait conduit les autorités à suspendre temporairement les activités — rappelant la fragilité de la reprise.
Emirates, Etihad Airways, Qatar Airways et Lufthansa ont conjointement confirmé le 4 avril 2026 que l’aéroport international de Dubaï (DXB) et celui d’Abu Dhabi (AUH) restent pleinement opérationnels, selon Travel and Tour World.
Qatar Airways — Doha en reconquête, 120 destinations visées mi-mai
- 120 destinations programmées d’ici mi-mai 2026 (contre 170 avant le conflit)
- Paris-Doha : environ 14 vols/semaine en avril (contre 24 en temps normal)
- Asie rétablie : Bangkok, Singapour, Tokyo, Mumbai, Manila, Jakarta, Bali, Phuket, Maldives
- Suspendus : Dubaï (DXB), Abu Dhabi (AUH), Bahreïn (BAH), Beyrouth (BEY)
Qatar Airways reprend progressivement ses opérations depuis l’aéroport Hamad de Doha. La compagnie a publié un programme révisé prévoyant plus de 120 destinations d’ici mi-mai 2026 — soit 70 % de son réseau d’avant-conflit. L’Océanie est déjà rétablie avec Melbourne, Perth et Sydney.
flydubai & Air Arabia : les low-cost du Golfe reprennent du service

flydubai : 100+ destinations et retour à Bâle-Mulhouse
- flydubai : plus de 100 destinations depuis Dubaï (+29 destinations vs mi-mars)
- Bâle-Mulhouse : 3 vols/semaine en Boeing 737 MAX depuis le 30 mars 2026
- Air Arabia : vols EAU, Liban, Jordanie, Syrie et Irak toujours suspendus
- Air Arabia maintient un nombre limité de vols en coordination avec les autorités locales
flydubai se distingue comme l’une des compagnies les plus rapides à reprendre du service depuis le Golfe. La filiale low-cost d’Emirates propose désormais plus de 100 destinations depuis et vers Dubaï — soit 29 destinations supplémentaires par rapport à la mi-mars. La reprise de la liaison vers Bâle-Mulhouse (3 vols par semaine en Boeing 737 MAX depuis le 30 mars) constitue un signal positif pour les voyageurs européens.
Air Arabia, en revanche, reste fortement contrainte. Basée à Sharjah (EAU), elle a subi de plein fouet les fermetures d’espaces aériens régionaux. Selon Euronews, ses vols vers les Émirats, le Liban, la Jordanie, la Syrie et l’Irak sont toujours suspendus, et la compagnie maintient un programme très réduit en coordination avec les autorités aéronautiques locales.
Gulf Air (Bahreïn), quant à elle, a relocalisé certains de ses vols sur l’aéroport de Dammam (Arabie Saoudite), à 85 km. Elle propose trois vols hebdomadaires vers Paris jusqu’au 12 avril, des vols quotidiens vers Londres, et des liaisons avec Francfort, Athènes, Casablanca, Le Caire et Bangkok.
El Al : Israël à 5 % de capacité, un pont aérien vital

Ben Gourion sous haute tension
- El Al : environ 5 % de ses capacités habituelles seulement
- Maximum : 1 vol par heure, 50 passagers au départ (relevé à 100 depuis le 5 avril)
- Destinations maintenues : Paris, Londres, Milan, Rome, Athènes (Europe) + New York JFK/EWR, Miami, Los Angeles (États-Unis)
- Sirènes et alertes missiles à plusieurs reprises dans les terminaux
- Gouvernement français : voyage en Israël officiellement déconseillé
La situation à l’aéroport Ben Gourion (TLV) reste l’une des plus critiques de la crise. Le ministère israélien des Transports a instauré des restrictions sans précédent : un seul vol entrant et sortant par heure maximum, avec un plafond initial de 50 passagers à l’embarquement. Depuis le 5 avril, ce plafond a été relevé à 90-100 passagers par vol, mais les disponibilités restent extrêmement limitées jusqu’à mi-avril.
Selon Air Journal, El Al prévoit de basculer l’essentiel de ses vols long-courriers — notamment vers New York, Bangkok ou Hanoï — vers les aéroports d’Aqaba en Jordanie et de Taba en Égypte, où les appareils peuvent décoller sans le plafond de passagers imposé à Tel-Aviv.
Aéroports impactés : état des lieux hub par hub
Les cinq hubs à surveiller
Dubaï DXB : Dubaï visait 99,5 millions de passagers en 2026. Le 16 mars, un incendie lié à une attaque de drone avait temporairement suspendu les activités. Depuis le 4 avril, les opérations ont pleinement repris et l’aéroport est déclaré opérationnel par Emirates, Etihad, Qatar Airways et Lufthansa.
Doha DOH : Hamad International Airport a enregistré plus de 2 000 annulations de vols en début de crise. La reprise est progressive depuis le 18 mars : Qatar Airways opère un programme réduit d’environ 70 destinations dans un premier temps. L’objectif est d’atteindre 120 destinations d’ici mi-mai 2026.
Tel-Aviv TLV : Ben Gourion est le hub le plus fragile de la région. Le 22 mars, les autorités ont limité le trafic à un seul vol par heure avec un maximum de 50 passagers par vol au départ. Des passagers ont été évacués vers des abris à plusieurs reprises lors de déclenchements de sirènes. Depuis le 5 avril, la limite a été portée à 90-100 passagers.
Beyrouth BEY : Quelques liaisons commerciales ont repris, mais de façon très limitée. Emirates a suspendu ses vols vers le Liban. Middle East Airlines (MEA, la compagnie nationale libanaise) maintient certaines liaisons vers Paris et quelques destinations européennes, mais les disponibilités sont très réduites.
Mascate MCT — Le hub d’urgence méconnu : Oman est devenu le hub d’évacuation discret du Golfe. Selon Euronews, plus de 97 000 voyageurs ont transité par Mascate depuis le début de la crise. Oman Air a renforcé ses fréquences vers Kuala Lumpur et Bangkok. L’aéroport, conçu pour 20 millions de passagers par an, absorbe efficacement le surplus de trafic redirigé depuis Dubaï et Abu Dhabi.
Routes alternatives : les 5 corridors qui fonctionnent encore

Contourner le Moyen-Orient : les itinéraires qui marchent
La fermeture de plusieurs espaces aériens oblige les compagnies à dessiner deux grands couloirs de contournement entre l’Europe et l’Asie : un couloir nord (via la Turquie, le Caucase, l’Asie centrale) et un couloir polaire (via les pays scandinaves et la Sibérie).
- Corridor 1 — Via Helsinki (Finnair) : 11 destinations asiatiques (Bangkok, Phuket, Tokyo, Séoul, Shanghai) via route polaire. Paris-Bangkok en ~16h. À partir de 350 € en combinant Paris-Helsinki low-cost + Helsinki-Bangkok Finnair.
- Corridor 2 — Via Istanbul (Turkish Airlines) : large réseau asiatique, 1h30-3h de plus qu’avant la crise. À partir de 650 € Paris-Bangkok.
- Corridor 3 — Via Addis-Abeba (Ethiopian Airlines) : 65+ destinations en Asie et Afrique, nouvelle ligne Lyon–Addis-Abeba en juillet 2026. À partir de 700–900 € Paris-Bangkok.
- Corridor 4 — Direct Paris-Singapour (Singapore Airlines/Air France) : l’option la plus directe pour l’Asie du Sud-Est et l’Océanie. Hub de Singapour pleinement opérationnel pour les connexions intra-Asie.
- Corridor 5 — Via Casablanca (Royal Air Maroc) : 9 nouvelles routes internationales en 2026, dont Casablanca–Los Angeles (7 juin, 3 vols/sem en Boeing 787). RAM négocie pour récupérer des B787 cloués au sol par Emirates et Qatar Airways.
Selon Ulysse.com, l’offre de sièges Europe-Asie est réduite d’environ 50 %, ce qui explique la flambée des prix sur tous les comparateurs. La combinaison Helsinki (Finnair) + Istanbul (Turkish) constitue aujourd’hui la meilleure alternative coût/délai pour la grande majorité des destinations asiatiques.
Impact tarifaire : kérosène et billets en feu
+145 % sur le kérosène, prix d’avant-crise probablement pas avant 2027
- Kérosène : 88 $ → 216 $ le baril (+145 % depuis le 28 février)
- Paris-Bangkok : jusqu’à 5 000 € l’aller simple (contre 500 € en temps normal)
- Low-cost Europe : billets été 2026 en hausse de 20 à 40 % vs 2025
- Delta & American Airlines : chacune 400 millions $ de surcoûts carburant en mars 2026
- Selon Ulysse.com, la crise « ne fait aucun gagnant » parmi les compagnies aériennes
Le coût du kérosène est passé de 88 à 216 dollars le baril depuis les frappes du 28 février — une hausse de 145 % en quelques jours. Contrairement à d’autres crises passées, celle-ci frappe simultanément toutes les régions du monde : les compagnies européennes perdent leurs routes rentables vers le Golfe, les compagnies du Golfe subissent la fermeture de leurs hubs, et les compagnies nord-américaines encaissent des surcoûts carburant massifs liés aux détournements.
Pour les voyageurs, les prix actuels sont en partie gonflés par la spéculation et l’urgence. À la réouverture complète des espaces aériens, une correction partielle est attendue. Mieux vaut donc patienter quelques semaines avant de réserver pour l’été 2026, sauf obligation de départ immédiat. La situation de deux scénarios se dessine :
Scénario optimiste : réouverture partielle du détroit d’Ormuz permettant une détente progressive dès juillet 2026, avec un retour à des tarifs quasi-normaux en fin d’année.
Scénario pessimiste : conflit prolongé maintenant le kérosène à des niveaux critiques tout l’été, avec des annulations massives sur le long-courrier et une hausse tarifaire durable.
Infos pratiques pour votre voyage
En cas d’annulation moins de 14 jours avant le départ, le règlement EU 261/2004 prévoit une indemnisation jusqu’à 600 €. AirHelp gère votre dossier sans frais si vous n’obtenez rien.
Jusqu’à 600 € d’indemnisationRestez connecté en cas de détournement ou d’escale imprévue dans un nouveau pays. Activation instantanée, sans carte SIM physique.
À partir de 4,50 €En zone de conflit, votre assurance de base peut ne pas couvrir. EKTA propose des garanties spécifiques incluant les remboursements pour force majeure.
À partir de 0,99 €/jourFAQ — Vos questions sur la crise aérienne au Moyen-Orient
Mon vol vers Dubaï est annulé. Ai-je droit à un remboursement ?
Oui, pour les vols au départ de l’Union européenne, le règlement européen EU 261/2004 s’applique. En cas d’annulation, votre compagnie doit vous rembourser intégralement ou vous proposer un réacheminement. Si l’annulation intervient moins de 14 jours avant le départ, une indemnisation forfaitaire est également prévue : 250 € pour les vols inférieurs à 1 500 km, 400 € entre 1 500 et 3 500 km, et 600 € au-delà. Attention : si la compagnie invoque une « circonstance extraordinaire » (guerre, fermeture d’espace aérien), l’indemnisation peut être refusée — mais le remboursement intégral reste toujours dû.
Mon assurance voyage couvre-t-elle les annulations liées à la guerre ?
Pas nécessairement. La plupart des assurances voyage standard excluent explicitement les dommages liés aux conflits armés. Vérifiez la mention « exclusion conflit armé » ou « clause de force majeure » dans vos conditions générales. Si vous voyagez vers une zone à risque, privilégiez une assurance premium incluant la couverture des crises géopolitiques — comme EKTA ou AXA Travel (vérifiez les garanties spécifiques avant de souscrire).
Puis-je encore voyager vers Israël en avril 2026 ?
Le gouvernement français déconseille formellement de se rendre en Israël. Si les vols au départ de France sont techniquement possibles (El Al maintient quelques liaisons), les places dans les vols au départ d’Israël restent extrêmement limitées — 50 passagers par vol maximum, relevé à 90-100 depuis le 5 avril. L’état d’urgence en Israël a été prolongé jusqu’au 14 avril. Consultez diplomatie.gouv.fr avant tout déplacement.
Quelle est la meilleure alternative pour aller en Asie cet été sans passer par le Golfe ?
L’offre de sièges Europe-Asie est réduite d’environ 50 %, ce qui explique la flambée des prix. Les quatre meilleures alternatives pour rejoindre l’Asie du Sud-Est depuis Paris sont : (1) Istanbul via Turkish Airlines (650-1 500 €), le meilleur équilibre coût/fréquence ; (2) Helsinki via Finnair (à partir de 350 € en combinant Paris-Helsinki low-cost + Helsinki-Bangkok Finnair, route polaire, ~16h) ; (3) Addis-Abeba via Ethiopian Airlines (700-900 €) ; (4) Direct Paris-Singapour via Singapore Airlines ou Air France (le plus cher mais le plus direct).
Les hubs de Dubaï et Doha sont-ils rouverts ?
Partiellement. Dubaï (DXB) et Abu Dhabi (AUH) ont été confirmés comme pleinement opérationnels au 4 avril 2026. Emirates opère un programme de 127 destinations depuis Dubaï. Doha (DOH) reprend progressivement : Qatar Airways prévoit d’atteindre 120 destinations d’ici mi-mai 2026. Certaines routes intra-Moyen-Orient restent cependant suspendues depuis ces hubs.
Les vols low-cost easyJet et Ryanair sont-ils affectés pour l’Europe cet été ?
Pour les vols intra-européens, easyJet et Ryanair restent les options les plus fiables. Leurs niveaux de hedging leur permettent de maintenir des tarifs compétitifs malgré la hausse du kérosène. Attention toutefois : les billets d’été 2026 coûtent déjà 20 à 40 % plus cher qu’en 2025. Les vols de ces compagnies vers Tel-Aviv ou le Golfe restent suspendus jusqu’à nouvel ordre.
Comment suivre l’évolution de la crise aérienne en temps réel ?
Plusieurs outils sont à votre disposition : Flightradar24 (état du trafic aérien en direct), les sites officiels de chaque compagnie aérienne, et les conseils aux voyageurs du Quai d’Orsay (diplomatie.gouv.fr). La situation au Moyen-Orient reste extrêmement volatile : les dates de reprise annoncées par les compagnies sont susceptibles d’évoluer à tout moment.
Quand peut-on espérer un retour à la normale des vols vers le Moyen-Orient ?
Deux scénarios se dessinent. Le scénario optimiste prévoit une réouverture partielle du détroit d’Ormuz permettant une détente progressive dès juillet 2026, avec un retour à des tarifs quasi-normaux en fin d’année. Le scénario pessimiste envisage un conflit prolongé maintenant le kérosène à des niveaux critiques tout l’été, avec des annulations massives sur le long-courrier et une hausse tarifaire durable jusqu’en 2027. Dans tous les cas, les prix ont déjà intégré une large prime de risque spéculative qui devrait partiellement se résorber à la réouverture des espaces aériens.
Sources
- L’Écho Touristique — Point complet par compagnie
- Voyages-d-affaires.com — Point actualisé vols annulés
- Al Jazeera — Fermetures espaces aériens 28 février 2026
- France 24 — Des milliers de vols annulés
- Air Journal — Israël assouplit ses restrictions (5 avril 2026)
- Gulf Business — Liste complète des annulations
- Ulysse.com — Routes alternatives été 2026
- Ulysse.com — Compagnies perdantes, crise marges 2026
- Assistance-Démarches.fr — Qatar Airways 120 destinations mi-mai 2026
- Carnets-de-voyages.fr — Turkish Airlines suspend 10 pays
- Travel and Tour World — DXB et AUH opérationnels (4 avril)
- Ambassade de France en Israël — Conseils aux voyageurs
- Ulysse.com — Classement hedging kérosène compagnies
- Boursorama — Hausse tarifs et pénurie carburant compagnies européennes
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