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Depuis le 28 février 2026, la guerre déclenchée en Iran bouleverse le transport aérien mondial à une échelle sans précédent. Les hubs de Dubaï, Doha et Abu Dhabi ont été partiellement mis hors service, plus de 52 000 vols annulés en deux semaines, et les aéroports français — Charles-de-Gaulle, Nice Côte d’Azur, Marseille-Provence — se retrouvent en première ligne d’un réajustement opérationnel massif. Retards, files d’attente hors normes, ground handling sous tension, correspondances allongées : voici ce que vous devez savoir avant de voyager cet été 2026 depuis un aéroport français.

Situation au 11 avril 2026 — Les espaces aériens d’au moins 11 pays restent fermés ou restreints (Iran, Irak, Émirats arabes unis, Qatar, Arabie saoudite, Jordanie, Israël, Liban, Koweït, Bahreïn, Oman). Prévoir 3h30 à 4h minimum pour toute correspondance internationale à CDG. Vérifier l’état de votre vol avant chaque départ.

Paris-Charles-de-Gaulle : le hub d’Europe sous choc immédiat

Avion Air France au décollage depuis l'aéroport de Paris-CDG lors de la crise du Moyen-Orient 2026
Photo par Greg Rosenke sur Unsplash
−7 % de passagers à CDG dès le 1er mars 130 vols annulés le week-end du 28 février 35 000 passagers impactés en 48 heures Transfert Orly → CDG effectif depuis le 29 mars

À Paris, « on voit bien que le trafic a été impacté à hauteur de 7 % en nombre de passagers à CDG, 1 % à Orly », annonçait dès les premiers jours le PDG d’ADP, Philippe Pascal. Mais ce chiffre masque une perturbation bien plus profonde sur les flux de correspondances long-courriers. Selon L’Écho Touristique, environ 300 vols étaient menacés d’annulation en l’espace d’une semaine. Dès le week-end du 28 février, 130 vols avaient été supprimés pour 35 000 passagers.

CDG, hub mondial d’Air France et pivot SkyTeam, a subi un double choc : suppression directe des vols vers le Moyen-Orient d’un côté, afflux massif de passagers en transit cherchant à se réacheminer vers l’Asie de l’autre. À cela s’ajoute un facteur aggravant : depuis le 29 mars 2026, plus aucun vol Air France ne décolle d’Orly. C’est la fin de 74 ans d’opérations depuis cet aéroport. Tous les vols vers l’Outre-mer — Guadeloupe, Martinique, Réunion, Guyane — ont été transférés à Roissy-CDG, selon Ulysse News.

Le déploiement du système EES (Entry/Exit System) sur l’ensemble de l’espace Schengen depuis le 10 avril 2026 ajoute une couche de complexité supplémentaire. CDG, deuxième aéroport européen par le trafic, avait enregistré 7,1 millions de passagers lors de son pic de juillet 2025. La combinaison crise Moyen-Orient + EES + transfert Orly représente, selon ADP, un risque majeur de congestion pour l’été 2026.

Conseil pratique : Prévoyez au minimum 3h30 avant votre vol international à CDG cet été, surtout en juillet-août. Utilisez les kiosques de pré-enregistrement dès leur disponibilité. Les correspondances intra-Schengen exigent au moins 2h30, les connexions extra-Schengen et transatlantiques 3h30 à 4h minimum.
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Nice Côte d’Azur : six liaisons long-courriers Moyen-Orient en péril

Vue aérienne de la Promenade des Anglais à Nice, Côte d'Azur
Photo par Jovan Vasiljević sur Unsplash
3e aéroport français — 15,23 M passagers en 2025 6 liaisons Moyen-Orient sur 15 long-courriers suspendues Seul aéroport français hors Paris à accueillir l’A380 Emirates Terminal 2 étendu mais saturation annoncée dès juillet

Nice Côte d’Azur occupe la troisième place parmi les aéroports français avec 15,23 millions de passagers en 2025. Sa singularité : c’est le seul aéroport français hors Paris à accueillir l’A380 en vol régulier avec Emirates. Or Emirates est précisément l’une des compagnies les plus frappées par la crise. En avril 2026, la compagnie dubaïote ne propose plus que deux vols quotidiens vers Paris et cinq vols par semaine vers Nice en A380, contre un programme bien plus dense avant le conflit, selon Voyages d’Affaires.

Le programme long-courrier de Nice pour l’été 2026 avait été construit sur une exposition massive au Moyen-Orient. Avec l’ouverture de Boston, le nombre de liaisons long-courriers atteignait 15, dont sept vers les États-Unis, deux vers le Canada et six vers le Moyen-Orient. Ces six liaisons sont désormais soit suspendues, soit opérées en mode très dégradé, selon Nice Premium.

La nouvelle extension du Terminal 2, inaugurée ce printemps avec la promesse d’absorber une montée en charge, tombe au pire moment. L’aéroport avait déjà alerté avant le conflit que ses installations « atteignaient des niveaux de saturation ». La redirection partielle du trafic Emirates vers Nice et l’afflux de passagers en transit cherchant des itinéraires alternatifs risquent d’aggraver structurellement cette situation dès le pic estival.

Conseil pratique : Si vous transitez via Nice pour rejoindre l’Asie ou le Golfe, vérifiez le statut de votre vol Emirates en temps réel. Les vols directs de Nice vers Tel-Aviv, Doha ou Abu Dhabi sont suspendus jusqu’à nouvel ordre. Prévoyez un itinéraire de substitution via Paris-CDG ou Istanbul.

Marseille-Provence : le double choc et les atouts technologiques

Vue panoramique sur la ville de Marseille dans le sud de la France
Photo par Florian Wehde sur Unsplash
4e aéroport français — 34 compagnies, 131+ destinations Double choc : crise Moyen-Orient + restructuration Air France depuis Orly Bornes biométriques Terminal 1 — innovation unique en France +10 rotations quotidiennes Air France depuis CDG

L’aéroport Marseille-Provence, quatrième aéroport français, desservi par 34 compagnies et 131 destinations, a subi ce qu’on pourrait appeler un double choc. D’un côté, les annulations directes liées au conflit : selon le ministre des Transports Philippe Tabarot, Marseille fait partie des aéroports français directement impactés par les annulations dès le 28 février, aux côtés de CDG, Orly, Nice, Lyon et Grenoble. De l’autre, la restructuration d’Air France depuis Orly a conduit la compagnie à renforcer ses liaisons domestiques depuis CDG, avec 10 rotations quotidiennes vers Marseille, drainant davantage de passagers vers le hub parisien tout en créant de nouvelles correspondances à gérer à Roissy.

Sur le terrain du ground handling, Marseille fait pourtant figure de modèle. Depuis 2024, une zone libre-service au Terminal 1 propose des bornes d’enregistrement avec enrôlement biométrique pour les passagers n’ayant pas effectué leur démarche sur smartphone, ainsi que des déposes bagages biométriques. Ces outils, uniques en France, constituent un atout précieux pour fluidifier un trafic sous tension — une avance qui mérite d’être soulignée dans un contexte où CDG sature.

Du côté positif : les voyageurs français ayant annulé leurs destinations Moyen-Orient se tournent massivement vers la Corse, la région PACA, la Bretagne et l’Occitanie. Marseille devient ainsi un point de départ privilégié pour des alternatives touristiques méditerranéennes, générant un afflux record sur certaines liaisons court-courriers.

L’effondrement des hubs du Golfe : l’ampleur du choc

La skyline de Dubaï, dont l'aéroport international DXB a été fortement impacté par la crise du Moyen-Orient
Photo par Ben Koorengevel sur Unsplash
526 000 passagers/jour traités dans les hubs du Golfe avant le conflit 52 000 vols supprimés entre le 28 fév. et le 13 mars Emirates : de 517 à 327 vols quotidiens (−37 %) 2,5–3 Mds $ de pertes estimées pour Q1 2026

Jusqu’au 27 février 2026, les hubs régionaux d’Abu Dhabi, Dubaï, Doha et Bahreïn traitaient en temps normal environ 526 000 passagers par jour. Environ un voyageur sur trois transitait dans cette région pour rejoindre l’Europe depuis l’Asie. L’onde de choc déclenchée par les opérations militaires américano-israéliennes et les ripostes iraniennes a tout balayé en quelques heures.

Les aéroports de Dubaï (DXB) et d’Abu Dhabi (AUH) ont été la cible de frappes directes, avec un bilan humain lourd parmi le personnel et les voyageurs. Entre le 28 février et le 13 mars, plus de 52 000 vols ont été supprimés, selon le spécialiste Cirium. Emirates assure désormais 327 vols quotidiens, contre 517 avant le conflit — soit seulement 63,2 % de sa capacité mondiale maintenue, selon L’Écho Touristique.

Les zones interdites incluent l’espace aérien d’au moins 11 pays : Iran, Irak, Émirats arabes unis, Qatar, Arabie saoudite, Jordanie, Israël, Liban, Koweït, Bahreïn et Oman. Cette fermeture quasi-totale du ciel du Golfe provoque une concentration dangereuse du trafic sur des corridors de plus en plus étroits entre l’Europe et l’Asie, alertait l’EASA début avril.

État des suspensions par compagnie (avril 2026)

CompagnieDestinations suspenduesJusqu’au
Air FranceDubaï, Riyad, Tel-Aviv, Beyrouth3 mai 2026
British AirwaysAmman, Bahreïn, Dubaï, Tel-Aviv31 mai 2026
Wizz AirDubaï, Abu Dhabi, AmmanMi-septembre 2026
Lufthansa GroupTel-Aviv, Beyrouth, Oman, DubaïOctobre 2026
Air BalticDubaïFin octobre 2026

Pour un aperçu détaillé des routes suspendues par compagnie, consultez notre guide complet : Compagnies aériennes et Moyen-Orient 2026 : routes suspendues, détournées et nouvelles.

Ground handling : la saturation silencieuse des aéroports français

La crise a révélé une fragilité structurelle du ground handling européen. Selon les données de Mathez Freight, plus de 2 000 vols ont été annulés et 20 000 retardés en 24 heures, représentant 18 % de la capacité totale cargo impactée. Des déroutements vers des aéroports tiers et la saturation des itinéraires alternatifs ont provoqué des correspondances manquées, des temps d’attente prolongés et des voyageurs temporairement bloqués.

À CDG, la pression est triple : réacheminement des passagers bloqués en provenance du Golfe, afflux de transit alternatif depuis l’Asie, et absorption des opérations domestiques transférées depuis Orly. L’EASA recommande explicitement de prévoir des marges de connexion élargies à Roissy-Charles de Gaulle. Les aéroports de province (Nice, Marseille) sont moins impactés en volume, mais restent vulnérables à tout afflux de transit soudain.

Le déploiement du système EES aggrave le contexte : depuis le 10 avril 2026, tous les voyageurs extra-Schengen doivent enregistrer leurs données biométriques à chaque entrée/sortie dans l’espace européen. Le calendrier de déploiement progressif (10 % depuis octobre 2025, 50 % à partir du 10 mars, bascule totale en avril) crée une variabilité des temps de traitement aux frontières qui peut doubler les files d’attente aux contrôles.

Checklist aéroport — Été 2026

  • Arriver 3h30 minimum avant tout vol international depuis CDG
  • Préenregistrement en ligne 24h avant le départ
  • Bagage cabine uniquement si possible pour éviter les files bagages
  • Vérifier le statut de votre vol sur l’app de la compagnie
  • Conserver toutes les preuves de retard (écrans, confirmations mail)
  • Photographier les tableaux d’affichage en cas d’annulation
  • Contacter AirHelp si retard > 3h ou annulation pour évaluer votre droit à indemnisation

L’explosion des prix : +30 % à +400 % selon les routes

Aile d'avion lors d'un vol long-courrier au coucher du soleil, représentant les nouvelles routes alternatives post-crise
Photo par Dave Ols sur Unsplash
+150 % à +400 % sur les liaisons Asie-Europe Air France : +50 € par billet long-courrier depuis le 11 mars Pékin-Londres : de 1 300 € à 6 600 € (aller simple business) Surcharge carburant Air France : jusqu’à 319 €/billet transatlantique

La guerre en Iran a provoqué une flambée sans précédent des prix sur les liaisons Asie-Europe. Selon Déplacements Pros, les tarifs entre l’Asie et l’Europe ont quadruplé suite à la fermeture des hubs du Golfe début mars. Les passagers ont fait face à des augmentations comprises entre 150 % et 400 % selon les routes, tandis que la classe économique affichait complet pendant une à deux semaines sur la plupart des liaisons stratégiques.

Depuis la France : Air France a ajouté 50 € par billet long-courrier depuis le 11 mars 2026, et jusqu’à 200 € en classe affaires sur les vols vers le Japon et l’Asie. La compagnie facture désormais jusqu’à 319 € de surcharge carburant sur certains vols transatlantiques. Corsair, Air Austral, Air Caraïbes et French Bee ont imposé des suppléments de 60 €.

Deux mécanismes expliquent ces hausses : d’une part, la flambée du pétrole liée au blocage du détroit d’Ormuz (20 % de l’approvisionnement mondial), d’autre part l’allongement systématique des temps de vol d’1 à 2 heures pour contourner les espaces aériens fermés. Ces surcoûts ne disparaîtront pas à court terme même après réouverture partielle des couloirs, avertit Ulysse.

Conseil : Ne rachetez pas un billet dans la panique. Les prix actuels sont gonflés par la spéculation. À la réouverture complète des espaces aériens, une correction partielle est attendue. Préférez les compagnies à routing sûr (Finnair, Turkish Airlines, Ethiopian Airlines) et optez pour une tarification flexible.
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Air France : le pivot stratégique contraint vers l’Asie

Air France a suspendu ses liaisons de et vers Dubaï, Riyad, Tel-Aviv et Beyrouth jusqu’au 3 mai 2026 (4 mai pour les départs de Dubaï). Ces suspensions relevant d’une « circonstance extraordinaire », la compagnie n’est pas tenue par le règlement européen de procéder à une indemnisation forfaitaire de 250 à 600 €.

En contrepartie, Air France a libéré des avions et des créneaux qu’elle redirige vers l’Asie. Depuis le 4 mars 2026, la compagnie déploie des appareils de plus grande capacité sur Bangkok, Singapour, Delhi, Mumbai, Shanghai, Tokyo et Phuket. Des vols supplémentaires s’ajoutent depuis Bangkok, Singapour et Delhi. Selon Actu-Aero, c’est un pivot stratégique majeur pour la compagnie.

Sur le plan des nouvelles ouvertures, Air France a lancé sa liaison Paris-CDG/Las Vegas le 15 avril 2026, 3 vols par semaine en Airbus A350-900 (départ 13h40, arrivée 15h35 heure locale après 10h55 de vol). Une ouverture symbolique dans un contexte géopolitique tendu.

Les compagnies qui profitent de la crise : les 4 alternatives fiables

L'aéroport Istanbul Atatürk avec des Boeing Turkish Airlines — la compagnie turque est devenue l'alternative privilégiée pour les voyageurs depuis la France
Photo par Alireza Akhlaghi sur Unsplash
Turkish Airlines : 85 destinations en Asie depuis Istanbul Finnair : route polaire — +11,3 % sur les liaisons asiatiques en fév. 2026 Ethiopian Airlines : nouvelle ligne Lyon–Addis-Abeba dès juillet 2026 Singapore Airlines : hub sûr mais places fondent rapidement

La redistribution des cartes est nette. D’un côté, les perdants : Emirates, Qatar Airways et Etihad, dont les opérations restent largement perturbées. De l’autre, les hubs hors zone de conflit captent massivement le trafic dérouté.

Turkish Airlines via Istanbul constitue le pont le plus fiable. La compagnie dessert 85 destinations en Asie depuis Istanbul et contourne les zones fermées en routant ses vols par le Caucase au nord ou par l’Égypte et la mer Rouge au sud — des déviations qui allongent moins le trajet que pour un transporteur basé dans le Golfe. Les tarifs, habituellement entre 800 et 1 200 € aller-retour, sont actuellement majorés de 30 à 50 %. Turkish Airlines a cependant temporairement suspendu ses vols vers 10 pays du Golfe.

Finnair via Helsinki s’impose comme la grande surprise. La compagnie finlandaise affiche 904 400 passagers en février 2026, en hausse de 6,9 %, avec +11,3 % sur ses routes asiatiques — la seule compagnie du top 5 européen à afficher une progression. Elle dessert 11 destinations en Asie depuis Helsinki via la route polaire, un couloir aérien qui survole la Norvège, le Svalbard et le pôle Nord, entièrement hors des zones de conflit. Depuis Paris, il faut compter une correspondance à Helsinki.

Ethiopian Airlines via Addis-Abeba constitue l’alternative africaine sous-estimée, avec des connexions vers plus de 65 destinations en Asie et en Afrique. La compagnie lance une nouvelle ligne Lyon–Addis-Abeba dès juillet 2026 (3 vols par semaine en A350-900), ouvrant un accès direct depuis la France vers l’Asie du Sud et du Sud-Est.

Droits des passagers : ce que vous pouvez légalement exiger

La situation est complexe juridiquement. La suspension des vols relevant d’une « circonstance extraordinaire » (un conflit armé), les compagnies ne sont pas tenues par le règlement européen CE 261/2004 de verser l’indemnisation forfaitaire de 250 à 600 € selon la distance. En revanche, le remboursement intégral du billet ou le réacheminement restent des droits absolus, quel que soit le motif de l’annulation.

Pour les forfaits vacances, le Code du tourisme offre des garanties solides : l’agence ou le tour-opérateur doit proposer soit une annulation sans frais avec remboursement intégral sous 14 jours, soit une modification du voyage. Les avoirs peuvent être proposés, mais le client conserve le droit de les refuser et d’exiger le remboursement en numéraire.

Sur les assurances voyage : la majorité des contrats excluent les dommages liés à la guerre. Cherchez les mots « exclusion conflit armé » ou « clause de force majeure » dans vos conditions générales. Si la clause guerre figure dans les exclusions, la couverture est nulle pour les événements en cours, même si votre billet a été acheté avant le déclenchement du conflit.

Cas pratique Air France : si vous avez un voyage prévu de/vers Tel-Aviv ou Beyrouth, vous pouvez reporter sans frais dans la même cabine jusqu’au 17 mai 2026 inclus, ou annuler et obtenir un avoir valable un an avec possibilité de modifier votre destination.

Les destinations gagnantes en Europe : la Méditerranée comme refuge

Les flux touristiques se réorientent massivement vers la Méditerranée. La Grèce, la Croatie, le Portugal et la Sicile captent une partie de la demande déroutée. Côté français, la Corse, la région PACA, la Bretagne et l’Occitanie enregistrent un afflux record de voyageurs ayant reporté leurs destinations Moyen-Orient vers des alternatives européennes.

L’avantage est double — financier et logistique. Un voyage de substitution en Méditerranée (Grèce ou Croatie, 7 nuits, vol + hôtel depuis Nice) se situe entre 800 et 1 400 €, contre 1 200 à 2 500 € pour une destination Golfe avant la crise. Les tour-opérateurs ont rapidement adapté leurs offres, avec des promotions de dernière minute très intéressantes sur les destinations estivales européennes.

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FAQ — Vos questions sur les aéroports français et la crise 2026

Combien de temps faut-il prévoir à CDG pour une correspondance internationale en 2026 ?

En raison de la combinaison crise du Moyen-Orient + déploiement EES + transfert des opérations Orly vers CDG, il est désormais recommandé de prévoir au minimum 3h30 à 4h pour toute correspondance impliquant un vol extra-Schengen ou transatlantique à Paris-Charles de Gaulle. Pour les correspondances intra-Schengen, comptez au moins 2h30. Ces recommandations sont valables jusqu’à la fin de l’été 2026, période de pic de saturation.

Mon vol via Dubaï ou Doha est-il encore possible cet été 2026 ?

Certaines routes restent très perturbées. Emirates opère un réseau réduit à environ 63 % de sa capacité mondiale, avec deux vols quotidiens vers Paris et cinq vols hebdomadaires vers Nice. Les liaisons vers Abu Dhabi, Amman, Beyrouth et Riyad sont suspendues jusqu’en octobre 2026 pour certaines compagnies. La recommandation pratique est de ne pas réserver de transit via le Golfe avant d’avoir une confirmation officielle de la reprise complète.

Ai-je droit à un remboursement si mon vol vers le Moyen-Orient est annulé ?

Oui, partiellement. Un conflit armé constitue une « circonstance extraordinaire » au sens du règlement européen CE 261/2004 : les compagnies ne sont pas tenues de verser l’indemnisation forfaitaire de 250 à 600 €. En revanche, le remboursement intégral du billet ou un réacheminement vers votre destination restent des droits absolus. Air France propose également un report sans frais jusqu’au 17 mai 2026 pour les vols Tel-Aviv et Beyrouth, ou un avoir valable un an avec possibilité de changer de destination.

Quelle est la meilleure alternative pour rejoindre l’Asie depuis la France cet été ?

Trois options fiables existent : Turkish Airlines via Istanbul (85 destinations en Asie, hub hors zone de conflit), Finnair via Helsinki (route polaire, +11,3 % de passagers asiatiques en février 2026) et Air France en direct (avec déroutage par la Turquie et le Caucase, allongeant les vols de 1h30 à 2h). Pour l’Asie du Sud et du Sud-Est, Ethiopian Airlines lance une nouvelle ligne Lyon–Addis-Abeba en juillet 2026. Privilégiez des billets flexibles et vérifiez la politique d’annulation de chaque compagnie.

Pourquoi les prix des vols long-courriers ont-ils autant augmenté depuis la France ?

Deux causes principales : la flambée du kérosène liée au blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran (20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole transitent par ce détroit) et l’allongement systématique des temps de vol de 1 à 2 heures pour contourner les 11 espaces aériens fermés. Air France a ajouté 50 € par billet long-courrier et jusqu’à 319 € de surcharge carburant sur certains vols transatlantiques. Ces surcoûts ne disparaîtront pas immédiatement à la réouverture des couloirs aériens.

Mon assurance voyage me couvre-t-elle en cas d’annulation liée à la guerre en Iran ?

Très probablement non. La majorité des contrats d’assurance voyage incluent une exclusion « conflit armé » ou « force majeure ». Vérifiez attentivement les conditions générales de votre contrat avant de partir. Si cette exclusion est présente (ce qui est le cas dans la majorité des cas), la couverture est nulle pour les événements liés directement ou indirectement au conflit. En revanche, le règlement européen CE 261/2004 reste votre meilleure protection : il garantit le remboursement ou le réacheminement quelle que soit la situation.

L’aéroport de Nice est-il plus calme que CDG en ce moment ?

Nice est effectivement moins impacté que CDG en volume de passagers, mais il est particulièrement exposé sur les liaisons Moyen-Orient qui représentaient 6 de ses 15 destinations long-courriers estivales. Le programme Emirates depuis Nice fonctionne en mode réduit. La principale recommandation reste de confirmer le statut de tout vol à destination du Golfe avant de se rendre à l’aéroport. Le Terminal 2 récemment étendu dispose d’une meilleure capacité d’absorption, mais la saturation en pic estival reste une préoccupation.

Quels aéroports français sont les moins perturbés par la crise du Moyen-Orient ?

Les aéroports régionaux sans liaisons directes vers le Moyen-Orient (Bordeaux, Nantes, Lille, Strasbourg, Lyon sur certaines routes) sont globalement moins impactés en termes d’annulations directes. Cependant, tous les aéroports français subissent indirectement la crise via l’explosion des prix de carburant et l’allongement des temps de vol. Lyon profite même d’une nouvelle liaison Ethiopian Airlines vers Addis-Abeba à partir de juillet 2026. Marseille, malgré sa quatrième place nationale, bénéficie d’innovations de ground handling (biométrie) qui lui permettent de mieux absorber les pics de trafic.

Sources

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