1 730 dollars la tonne. C’est le prix qu’a atteint le kérosène le 19 mars 2026 — soit plus du double de son niveau d’avant-crise. Depuis les frappes du 28 février 2026 sur les infrastructures pétrolières du Golfe et le blocage partiel du détroit d’Ormuz, le transport aérien mondial traverse une tempête sans précédent. L’IATA, qui représente 85 % du trafic aérien mondial, a confirmé une hausse inévitable de 20 à 40 % sur les billets d’avion pour l’été 2026. Mais derrière ce chiffre global se cachent des réalités très différentes selon la compagnie, la route, et votre pays de départ. Ce guide complet vous explique tout — et vous donne les clés pour voyager mieux en payant moins cher.
1. Le kérosène à 1 730 $/tonne : anatomie d’un choc inédit

Pourquoi le kérosène monte plus vite que le pétrole
Depuis l’attaque du 28 février 2026 et le blocage quasi total du détroit d’Ormuz, le kérosène n’a pas simplement suivi le pétrole brut — il l’a largement devancé. Selon la RTBF, le prix en Europe du Nord-Ouest est passé de 830 à 1 528 dollars la tonne (+84 %), et à Singapour — principal hub de négoce asiatique — le carburant d’aviation a atteint 230 dollars le baril, un record absolu.
La raison est simple mais souvent mal comprise : le kérosène est un produit raffiné, pas du brut. Environ un cinquième du commerce mondial de carburants d’aviation transitait par le détroit d’Ormuz chaque jour, et près de la moitié des importations européennes de kérosène en provenaient. Couper cette artère, c’est créer une pénurie physique sur un marché où le carburant représente 20 à 40 % des coûts d’une compagnie aérienne.
Les effets secondaires : déroutements et pénurie physique
- 11 espaces aériens fermés sur les routes Europe-Asie
- +90 à 120 minutes de vol par déroutement
- +20 000 $ de surcoût par vol détourné
- 29 000 vols annulés sur 51 000 programmés depuis début mars (56 %)
- ~600 avions cloués au sol faute de carburant
2. Hedging : qui est protégé, et jusqu’à quand ?

Le classement des compagnies selon leur niveau de protection
Le hedging ou couverture carburant est un mécanisme par lequel les compagnies achètent à l’avance leur carburant à prix fixe, se protégeant ainsi des hausses brutales. Mais cette protection est temporaire et partielle — elle ne couvre jamais 100 % des besoins. Selon Ulysse.com, voici le classement des compagnies selon leur niveau de protection :
Tier 1 — Compagnies très protégées (réservez maintenant)
- Ryanair : 84 % protégée à 77 $/baril pour le trimestre en cours, 80 % pour les mois suivants
- easyJet : 84 % couverte au S1 2026 (715 $/tonne), 62 % au S2 (688 $/tonne)
Tier 2 — Compagnies correctement couvertes
- Lufthansa : 82 % au T1, 77 % en moyenne annuelle
- Air France-KLM : 70 % au T1, mais seulement 60 % au T3 (vacances d’été)
- IAG (British Airways, Iberia) : 75 % au T1, 58 % au T3
Tier 3 — Compagnies à risque élevé
- SAS : 0 % de couverture, déjà 1 000 vols annulés
- Volotea : couverture inconnue, lignes corses suspendues
- Compagnies américaines (Delta, United, American) : quasi non couvertes
3. L’impact concret sur vos billets : de +15 % à +200 %
Ce que vous allez payer selon votre destination
Dès le 11 mars 2026, Air France-KLM a imposé une surcharge de 50 euros aller-retour en classe économique. Pour les vols transatlantiques en classe affaires, la surcharge carburant peut atteindre 319 euros par trajet, selon Ulysse.com. Ben Smith, directeur général d’Air France-KLM, a alerté que jusqu’à 45 % des vols vers l’Asie pourraient être menacés si la crise d’approvisionnement persiste.
Aux États-Unis, la situation est encore plus brutale : les compagnies américaines ne pratiquant plus le hedging, le prix d’un gallon de kérosène est passé de 2,50 $ à 3,93 $ en une semaine, représentant selon le CEO de Delta 400 millions de dollars de surcoûts. Le tarif moyen d’un billet a atteint 465 $, niveau le plus élevé depuis 2019, selon NBC News.
Tableau de synthèse — Impact par type de voyage
- Europe court-courrier : +15 à +30 % — alternatives : Ryanair/easyJet (hedgées) ou train
- Transatlantique : +20 à +40 % — préférez les billets flexibles
- Asie via Golfe : +40 à +200 % — évitez, voyez section 4
- Asie via route nord/sud : +30 à +50 % — Finnair, Ethiopian, Turkish, compagnies chinoises
4. Voyager en Asie en 2026 : les routes alternatives qui fonctionnent

4 corridors pour atteindre l’Asie sans passer par le Golfe
La crise du Golfe a redessiné la carte du transport aérien mondial. Voici les quatre meilleures alternatives pour rejoindre l’Asie au départ de Paris, selon Ulysse.com :
Finnair via Helsinki — La route arctique
Helsinki est devenu le hub stratégique européen vers l’Asie. Finnair affiche +11,3 % sur ses routes asiatiques et opère la ligne Helsinki-Bangkok en Airbus A350 (10h). En combinant un vol low-cost Paris-Helsinki (40-80 €) avec un Finnair vers l’Asie, vous obtenez Paris-Bangkok dès 350 € et Paris-Tokyo dès 550 €. La route arctique ne survole aucune zone à risque et l’aéroport Helsinki-Vantaa offre des correspondances rapides. Prévoyez au minimum 3h de correspondance si vous achetez deux billets séparés.
Ethiopian Airlines via Addis-Abeba — Le corridor sud
La grande surprise de la crise. Ethiopian dessert plus de 65 destinations en Asie via un corridor totalement hors zone de conflit. Comptez 700 à 900 € aller-retour pour Paris-Bangkok et environ 1 180 € depuis Lyon (nouvelle ligne). La compagnie opère Bangkok, Tokyo, Séoul et Mumbai depuis Addis. L’escale peut être l’occasion de découvrir la capitale éthiopienne (visa à l’arrivée, 82 $).
Turkish Airlines via Istanbul — Le hub pivot
Malgré la suspension de 35 vols quotidiens vers le Golfe (contre 100 habituellement), Turkish Airlines maintient ses routes vers l’Asie via le Caucase et l’Asie centrale. Comptez 650 à 1 500 € pour Paris-Bangkok. L’e-visa turc se fait en 5 minutes en ligne — idéal pour une escale prolongée à Istanbul. La hausse de 30 à 50 % reste nettement inférieure aux tarifs Air France directs (3 500 à 4 000 € pour Tokyo).
Compagnies chinoises — Les maîtres de la route polaire
Air China, China Southern et China Eastern ont ajouté 2 900 vols supplémentaires vers l’Europe pour l’été 2026, contrôlant désormais 83 % de la capacité Chine-Europe. Leur avantage : elles sont les seules à survoler la Russie, économisant du carburant et évitant les zones à risque. Tarifs observés : Paris-Pékin dès 627 € (promos à 430 €), Paris-Singapour via Shanghai dès 610 €. China Southern via Canton est idéale pour l’Asie du Sud-Est (Bangkok, Bali, Ho Chi Minh-Ville).
5. La TSBA : la taxe française qui alourdit encore l’addition
Une double peine pour les voyageurs au départ de France
La crise du kérosène ne doit pas faire oublier un autre facteur spécifiquement français : la Taxe de Solidarité sur les Billets d’Avion (TSBA). Instaurée en mars 2025 et reconduite dans le budget 2026, cette taxe a plus que triplé depuis sa hausse, passant de 2,63 € à 7,40 € pour un billet économique intra-Europe, selon L’Écho Touristique.
Pour les vols long-courriers, la facture est encore plus salée : 40 € en économique pour les destinations au-delà de 5 500 km, et jusqu’à 120 € en classe affaires/première. Pour la classe affaires longue distance, la taxe atteint 80 €, et 30 € pour les destinations intermédiaires. D’après la DGAC, ces hausses ont été quasi intégralement répercutées par les compagnies sur leurs tarifs, contribuant jusqu’à 2 points d’inflation sur les prix des billets en 2025.
Le paradoxe européen est frappant : pendant que la France augmentait sa taxe, la Suède la supprimait et l’Allemagne engageait une réflexion pour la diminuer. Résultat : l’offre de sièges au départ de la France n’a progressé que de 1,5 % au T2 2025, contre 4,5 % en moyenne européenne.
6. Vos droits face aux annulations et retards
Règlement EU261 : ce que la compagnie vous doit
Face aux annulations massives liées à la crise du kérosène, connaître vos droits devient essentiel. Le règlement européen EU261 prévoit une indemnisation forfaitaire en cas d’annulation ou de retard supérieur à 3 heures, selon Ulysse.com.
Les montants d’indemnisation :
- 250 € pour les vols de moins de 1 500 km
- 400 € entre 1 500 et 3 500 km
- 600 € au-delà — avec droit au choix entre remboursement intégral (7 jours) ou réacheminement
La pénurie de kérosène : circonstance extraordinaire ?
Les compagnies invoqueront très probablement la pénurie comme « circonstance extraordinaire », les exonérant de l’indemnisation forfaitaire. Cependant, même dans ce cas, la compagnie reste tenue de prendre en charge les frais de restauration, d’hébergement et de transport entre l’hôtel et l’aéroport. Et votre billet déjà acheté reste à son prix initial — aucune augmentation rétroactive n’est possible.
Pour les voyages à forfait : si la hausse dépasse 8 % du coût total, vous pouvez annuler sans frais. En dessous, l’augmentation s’impose.
7. 10 stratégies concrètes pour payer moins cher en 2026

Les meilleures astuces validées par les experts
- Réservez maintenant, sans attendre : Tant que la crise dure, les prix ne baisseront pas. Les compagnies ajustent leurs tarifs à la hausse semaine après semaine.
- Choisissez les compagnies bien couvertes : Ryanair et easyJet ont moins besoin de répercuter immédiatement la hausse grâce à leur hedging. Leurs tarifs restent, pour l’instant, plus stables.
- Jouez sur la flexibilité des dates : Décaler un départ d’un jour ou deux peut faire économiser 40 à 60 % sur certaines liaisons. Le lundi reste le jour le moins cher pour réserver un vol international (−7 % en moyenne).
- Préférez août à juin-juillet : La demande chute après mi-juillet, entraînant des prix plus accessibles sur de nombreuses liaisons.
- Utilisez les aéroports secondaires : Beauvais plutôt que Roissy, ou mieux encore : Genève, Bruxelles ou Amsterdam pour éviter la TSBA sur les long-courriers.
- Optez pour des vols avec escales stratégiques : Les vols avec escale économisent en moyenne 22 % selon Google Flights. Via Helsinki, Addis-Abeba ou Istanbul, l’escale peut aussi devenir une mini-destination.
- Mettez en place des alertes de prix : Google Flights et Kayak vous alertent quand les tarifs baissent. Si vous pouvez changer de date ou de compagnie, profitez de ces fenêtres.
- Utilisez vos miles de fidélité : Les programmes Flying Blue (Air France), Oneworld (Finnair) et Star Alliance (Turkish) permettent de réserver sur les routes alternatives. Les disponibilités en sièges prime existent, surtout en semaine.
- Réservez avec des billets modifiables : Si vous achetez un billet à 500 € et que les prix tombent à 350 € deux semaines plus tard, vous pouvez récupérer la différence sous forme de crédit — à condition d’avoir un tarif flexible.
- Envisagez le train pour les courts et moyens trajets : Sur 8 destinations européennes sur 10, le train est déjà moins cher que l’avion aux tarifs de mars 2026. OUIGO dès 19 €, Eurostar dès 39 €, TGV Paris-Barcelone dès 49 €.
Infos pratiques pour voyager en 2026
Trouvez les billets les moins chers parmi 1 000 compagnies et agences. Alertes de prix incluses.
Gratuit — comparez en 30 secondesRestez connecté dès l’atterrissage dans 200+ pays. Activation instantanée, sans changer de carte SIM.
À partir de 4,50 €Couverture annulation, retard, bagages et urgences médicales. Indispensable en période d’instabilité.
À partir de 0,99 €/jourQuestions fréquentes sur les prix des billets d’avion 2026
Pourquoi le kérosène est-il monté à 1 730 $/tonne en 2026 ?
Les frappes du 28 février 2026 contre l’Iran ont déclenché le blocage quasi total du détroit d’Ormuz par les Gardiens de la Révolution. Ce détroit assure le transit d’environ 30 % du kérosène consommé en Europe. La pénurie immédiate sur le marché des distillats raffinés a fait passer la tonne de kérosène de 750 $ à 1 730 $ le 19 mars 2026, selon France Info.
De combien vont augmenter les billets d’avion cet été 2026 ?
L’IATA confirme une hausse de 20 à 40 % sur les billets d’avion pour l’été 2026 par rapport à 2025. La hausse frappe déjà les voyageurs français avec +15 à +30 % sur toutes les destinations. Pour certains long-courriers via le Golfe, il faut compter un surcoût de 40 à 200 % selon le corridor et la destination. Les vols européens court-courriers sont les moins touchés grâce au hedging des low-cost.
Ma compagnie peut-elle augmenter le prix de mon billet déjà acheté ?
Non. Une fois le billet payé, le contrat de transport est conclu et le prix définitivement acquis. La compagnie ne peut pas revenir unilatéralement sur ce montant au motif que le coût du carburant a augmenté. Exception partielle : les voyages à forfait (vol + hôtel), où une hausse dépassant 8 % du coût total peut être répercutée sous conditions strictes. Dans ce cas, vous pouvez aussi choisir d’annuler sans frais.
Quelles compagnies sont les plus sûres pour voyager cet été ?
Pour les vols en Europe : Ryanair (84 % hedgée) et easyJet (84 % au S1) restent les plus stables. Pour l’Asie : Finnair via Helsinki, Turkish Airlines via Istanbul, Ethiopian Airlines via Addis-Abeba, et les compagnies chinoises (Air China, China Southern, China Eastern) offrent les routes les plus fiables, hors zone de conflit. Évitez les compagnies avec 0 % de couverture comme SAS, déjà en difficulté.
Peut-on encore voyager vers l’Asie cet été, et à quel prix ?
Oui, mais uniquement via des routes alternatives. Les meilleures options depuis Paris : via Helsinki (Finnair) — Paris-Bangkok ~350 €, Paris-Tokyo ~550 € ; via Addis-Abeba (Ethiopian Airlines) — Paris-Bangkok 700-900 € ; via Istanbul (Turkish Airlines) — Paris-Bangkok 650-1 500 € ; via Pékin ou Shanghai (compagnies chinoises) — Paris-Singapour dès 610 €. Ces prix sont en hausse par rapport à 2025, mais restent très en dessous des tarifs des compagnies passant par le Golfe.
Qu’est-ce que la TSBA et comment l’éviter ?
La Taxe de Solidarité sur les Billets d’Avion (TSBA) est une taxe prélevée sur tous les billets au départ de France. Depuis 2025, elle est passée de 2,63 € à 7,40 € en classe économique intra-Europe, et peut atteindre 120 € en classe affaires sur les long-courriers. Pour l’éviter, comparez les tarifs depuis les aéroports proches en dehors de France : Genève, Bruxelles ou Amsterdam. Le gain peut dépasser le coût du train pour s’y rendre.
Quelles sont les perspectives pour la fin de l’année 2026 ?
Deux scénarios s’affrontent : dans le scénario optimiste, un cessez-le-feu et la réouverture du détroit d’Ormuz permettraient un retour progressif des prix en 2 à 3 mois. Dans le scénario pessimiste, un conflit prolongé maintiendrait le kérosène au-dessus de 1 500 $/tonne tout l’été, entraînant des annulations massives sur le long-courrier. Le CEO de United estime que le baril pourrait rester au-dessus de 100 $ jusqu’à fin 2027.
Les billets low-cost sont-ils encore une bonne affaire en 2026 ?
Oui, pour l’instant et pour les vols intra-européens. Ryanair et easyJet, protégées par leur hedging solide sur les courts et moyens-courriers, maintiennent des tarifs plus stables. Un vol court Paris-Barcelone a certes connu une augmentation de près de 29 % en une semaine, mais reste beaucoup plus abordable que les long-courriers. Réservez tôt pour obtenir les meilleurs tarifs car les prix augmentent significativement dans les trois dernières semaines avant le départ.
Sources
- France Info / La 1ère — Interview de Pascal de Izaguirre, PDG de Corsair et président de la FNAM
- RTBF — La flambée du kérosène pousse les tarifs à la hausse
- Ulysse.com — Hausse des prix billets d’avion, kérosène et guerre 2026
- Ulysse.com — Guide de survie vacances été 2026
- Ulysse.com — Été 2026 : routes alternatives pour l’Asie sans passer par le Moyen-Orient
- Ulysse.com — Finnair et la route polaire vers l’Asie
- Ulysse.com — Compagnies chinoises Paris-Asie : guide comparatif 2026
- Air Journal — Hausse inévitable des prix des billets d’avion
- Air Journal — Les compagnies peuvent-elles surtaxer les billets déjà payés ?
- L’Écho Touristique — La TSBA adoptée : tous les détails
- L’Écho Touristique — Un an après le triplement de la TSBA : le bilan
- Carnets de Voyages — Hausse des billets d’avion été 2026 : astuces pour économiser
- Breizh Info — Willie Walsh (IATA) : une hausse inévitable des prix
- PBS NewsHour — Jet fuel prices and airfares are rising
- NBC News — Global jet fuel shortage raising cost of air travel
- Ville de Cuers — Augmentation du kérosène : que signifie-t-elle pour votre billet déjà acheté ?
- The Street — Jet fuel prices jumped 60%, your next flight will cost more
- Euronews — Should you book holiday flights now considering jet fuel price spikes?
Recherche effectuée le 1er avril 2026
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