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La réforme européenne des droits des passagers aériens, adoptée le 7 juillet 2026, garantit un objet personnel gratuit de 40 x 30 x 15 cm pour tous les vols dans l’Union européenne. En revanche, elle ne standardise pas les dimensions du bagage cabine (trolley) et n’impose pas sa gratuité universelle, contrairement à ce qu’ont annoncé de nombreux titres de presse. La principale avancée est la transparence tarifaire : les compagnies devront afficher leurs prix en incluant le bagage cabine dès la première page de recherche. Les nouvelles règles entreront en vigueur au second semestre 2027, après ratification par le Conseil de l’UE.

Le 7 juillet 2026, le Parlement européen a adopté à une majorité écrasante (646 voix pour, 12 contre, 3 abstentions) la révision du règlement européen sur les droits des passagers aériens, dit « EU261 ». C’est la première refonte majeure de ce texte depuis son entrée en vigueur en 2005, après 13 ans de négociations bloquées entre le Parlement, le Conseil de l’UE et la Commission. L’accord politique avait été scellé le 15 juin 2026 en comité de conciliation. Pourtant, la couverture médiatique qui a suivi le vote a largement simplifié, voire déformé, la portée réelle du texte. Entre ce que la loi change, ce qu’elle ne change pas, et ce qu’elle renforce au-delà du seul bagage cabine, voici un décryptage complet, chiffres et sources à l’appui.

Ce que la loi change vraiment pour le bagage cabine

Façade du Parlement européen Paul-Henri Spaak à Bruxelles, où la réforme EU261 a été adoptée le 7 juillet 2026
Photo par Guillaume Périgois sur Unsplash

Le nouveau règlement introduit une distinction claire entre deux catégories de bagages, qui n’existait pas dans le texte de 2004. C’est la colonne vertébrale de la réforme, et aussi sa principale source d’incompréhension médiatique.

L’objet personnel gratuit : ce qui est désormais garanti

Tout passager a désormais droit à un objet personnel gratuit dont les dimensions maximales sont fixées à 40 x 30 x 15 cm (volume de 18 litres). Concrètement, il s’agit d’un petit sac à dos, d’un sac à main, d’une pochette d’ordinateur portable ou d’un sac de course. Cet objet doit pouvoir se ranger sous le siège situé devant le passager.

Selon Euronews, ce droit est inconditionnel et gratuit pour tous les passagers, quel que soit le tarif choisi ou la compagnie empruntée. C’est une avancée réelle pour les voyageurs qui se contentent d’un bagage minimal, notamment sur les liaisons court-courriers.

40 x 30 x 15 cm 18 litres max 0 € garanti Inconditionnel

La transparence tarifaire : la vraie révolution

La mesure la plus structurante du texte est l’obligation de transparence tarifaire. Selon DLA Piper, les compagnies aériennes devront désormais afficher un tarif qui inclut le bagage cabine standard dès la première page de recherche. Cette disposition met fin au « drip pricing », la pratique qui consiste à afficher un prix d’appel très bas avant d’ajouter des suppléments (bagage, choix du siège) en cascade.

Les passagers qui souhaitent voyager sans valise cabine pourront toujours opter pour un tarif réduit via un mécanisme d’opt-out. En clair, le prix « par défaut » sera plus élevé qu’aujourd’hui, mais le coût total restera modulable.

Cette architecture est le résultat d’un compromis politique : le Parlement voulait initialement garantir un bagage cabine gratuit universel (dimensions cumulées de 100 cm, poids maximal de 7 kg), mais le Conseil s’y est opposé, soutenu par le lobbying des compagnies low-cost et de leurs associations (A4E, IATA, ERA). Selon le rapporteur du texte, l’eurodéputé bulgare Andrey Novakov (PPE), le surcoût estimé de la réforme est de 1,80 € par billet, un chiffre cité par l’agence BTA.

Les compagnies en ordre dispersé

Plusieurs transporteurs ont anticipé la réforme. Le groupe Lufthansa (Lufthansa, SWISS, Austrian Airlines, Brussels Airlines, Discover Airlines) a lancé en mai 2026 un tarif « Economy Basic » qui n’inclut qu’un objet personnel de 40 x 30 x 15 cm, le bagage cabine standard étant facturé à partir de 15 €, selon The Brussels Times. Air France et KLM ont suivi en juin 2026 avec un tarif « Economy Basic » similaire, facturant le bagage cabine entre 15 et 35 € par segment, comme le rapporte Travel-Dealz.

En 2024, les sept principales compagnies low-cost européennes ont généré plus de 10 milliards d’euros de revenus rien qu’avec les frais de bagage cabine, dont environ 3,5 milliards pour Ryanair seule, selon KNEWS.MEDIA et Forbes. Le modèle économique des low-cost est directement menacé par l’obligation de transparence, qui les forcera à afficher un prix facial plus élevé.

À retenir : le règlement ne crée pas de « bagage cabine gratuit universel ». Il garantit un objet personnel sous le siège (40 x 30 x 15 cm) et oblige les compagnies à afficher clairement leurs prix. La valise cabine classique (le trolley de 55 x 40 x 20 cm) reste à la discrétion de chaque compagnie, qui peut continuer à la facturer ou à la réserver aux tarifs supérieurs.
Visite à pied et dégustation de Bruxelles : Bières, Chocolats et GaufresÀ partir de 70· 4.92 (991 avis)

Ce que la loi ne change pas : les sept points de vigilance

Les associations de consommateurs, au premier rang desquelles l’OCU (Organisation des consommateurs espagnols), ont vivement critiqué le texte. Selon l’OCU, le règlement constitue même un « recul clair des droits des passagers » sur plusieurs aspects. Voici ce qui ne change pas :

Rangée de sièges vides dans une cabine d'avion, illustrant l'espace disponible sous le siège pour un objet personnel
Photo par Elena Soroka sur Unsplash
  1. Pas de standardisation des dimensions du bagage cabine. Chaque compagnie conserve sa propre grille : 55 x 40 x 20 cm chez Ryanair, 55 x 40 x 23 cm chez Lufthansa, 55 x 35 x 25 cm chez Air France/KLM, 56 x 45 x 25 cm chez British Airways. Selon Horizn Studios, il n’existe toujours pas de gabarit commun européen pour le trolley cabine.
  2. Pas de droit universel à une valise cabine gratuite. Le bagage cabine standard reste facturable. Les compagnies peuvent continuer à le réserver aux tarifs supérieurs (Priority, Light, Flex).
  3. Pas de standardisation des limites de poids. Chaque compagnie fixe sa propre limite : 8 kg chez Lufthansa, 10 kg chez Ryanair, 12 kg chez Air France/KLM, aucune limite de poids mais obligation de hisser le bagage seul chez British Airways.
  4. Les montants d’indemnisation restent inchangés depuis 2005. 250 € pour les vols de moins de 1 500 km, 400 € entre 1 500 et 3 500 km, 600 € au-delà. Selon Euractiv, avec une inflation cumulée de 58,6 % depuis 2005, le pouvoir d’achat réel des indemnisations a fortement diminué : 250 € de 2026 valent environ 158 € de 2005.
  5. Le seuil de déclenchement reste à 3 heures. Le Conseil voulait le porter à 5 ou 6 heures, le Parlement a tenu bon sur cette « ligne rouge ».
  6. Les circonstances extraordinaires restent exonératoires. Catastrophes naturelles, guerres, conditions météorologiques extrêmes, passagers perturbateurs et grèves des contrôleurs aériens exonèrent les compagnies. Les grèves du personnel navigant de la compagnie, en revanche, ne constituent PAS des circonstances extraordinaires, sauf si elles portent sur des revendications que seules les autorités publiques peuvent satisfaire.
  7. Les articles spéciaux ne sont pas concernés. Instruments de musique, équipements sportifs et bagages hors format restent régis par les conditions générales de chaque compagnie et la Convention de Montréal.

Selon Europa Press, l’OCU dénonce particulièrement l’absence de dimensions minimales communes pour le bagage cabine, qu’elle qualifie de source d’insécurité juridique pour les voyageurs.

Politiques bagage cabine des principales compagnies (été 2026)

Panneau d'affichage des départs dans un aéroport européen, illustrant la diversité des compagnies aériennes et leurs politiques bagages
Photo par Waldemar Brandt sur Unsplash

Le tableau ci-dessous synthétise les politiques en vigueur à l’été 2026, vérifiées auprès des sites des compagnies et recoupées avec les sources de la recherche. La distinction clé est l’apparition des tarifs « Basic » chez les compagnies traditionnelles (Lufthansa Group, Air France/KLM, Brussels Airlines), qui imitent désormais le modèle low-cost en excluant le bagage cabine du tarif d’entrée de gamme.

Bagages autorisés

CompagnieObjet personnel gratuitBagage cabine standard
Ryanair40 x 30 x 20 cmPriority uniquement
easyJet45 x 36 x 20 cmUp Front / Extra Legroom
Wizz Air40 x 30 x 20 cmWIZZ Priority
Vueling40 x 30 x 20 cmOptima / Family / TimeFlex
Norwegian25 x 33 x 20 cmLowFare+ / Flex
Transavia40 x 30 x 10 cmInclus
Volotea40 x 30 x 20 cmStandard+
Lufthansa Group (Basic)40 x 30 x 15 cmNon inclus
Air France / KLM (Basic)40 x 30 x 15 cmNon inclus
British Airways40 x 30 x 15 cmInclus (tous tarifs)
Iberia40 x 30 x 15 cmInclus (tous tarifs)
Brussels Airlines (Basic)40 x 30 x 15 cmNon inclus
SAS40 x 30 x 15 cmInclus

Dimensions et tarifs

CompagnieDimensions cabinePoids maxSupplément cabine
Ryanair55 x 40 x 20 cm10 kg6 – 36 €
easyJet56 x 45 x 25 cm15 kg7 – 40 £
Wizz Air55 x 40 x 23 cm10 kg5 – 40 €
Vueling55 x 40 x 20 cm10 kg10 – 59 €
Norwegian55 x 40 x 23 cm10 kg8 – 20 €
Transavia55 x 35 x 25 cm10 kgInclus
Volotea55 x 40 x 20 cm10 kg10 – 40 €
Lufthansa Group (Basic)55 x 40 x 23 cm8 kgDès 15 €
Air France / KLM (Basic)55 x 35 x 25 cm12 kg15 – 35 €
British Airways56 x 45 x 25 cmNon limitéInclus
Iberia56 x 45 x 25 cm10 kgInclus
Brussels Airlines (Basic)55 x 40 x 23 cm8 kgDès 15 €
SAS55 x 40 x 23 cm8 kgInclus

De l’arrêt Vueling de 2014 à la réforme de 2026 : une tension juridique

Bâtiment moderne en verre arborant les drapeaux de l'Union européenne à Bruxelles, siège des institutions européennes
Photo par paws and prints sur Unsplash

La réforme de 2026 ne surgit pas du vide juridique. Elle s’inscrit dans une jurisprudence riche qui a façonné l’interprétation du règlement de 2004 bien au-delà de son texte initial.

L’arrêt fondateur Vueling (CJUE, 18 septembre 2014, C-487/12)

La Cour de justice de l’Union européenne a établi une distinction fondamentale : le bagage de soute, qui génère des coûts supplémentaires pour le transporteur, peut être facturé comme prestation accessoire. Le bagage à main, lui, constitue un « élément indispensable du transport de passagers » et ne peut être soumis à un supplément de prix. La Cour motive cette distinction par trois arguments : le traitement du bagage de soute génère des coûts supplémentaires, la responsabilité du transporteur est plus étendue pour le bagage enregistré sous la Convention de Montréal, et le bagage à main contient des objets personnels liés à la « dignité » du passager.

C’est précisément sur ce fondement que l’Espagne a infligé en 2024 179 millions d’euros d’amendes à cinq compagnies low-cost (Ryanair 107,8 M€, Vueling 39,3 M€, easyJet 29,1 M€, Norwegian 1,6 M€, Volotea 1,2 M€) pour pratiques abusives incluant la facturation du bagage cabine, selon RTE et AeroTime.

Mais en octobre 2025, la Commission européenne a ouvert une procédure d’infraction (INFR(2025)4019) contre l’Espagne, estimant que ces amendes violent le principe de liberté tarifaire du Règlement (CE) n° 1008/2008. Une position qui a suscité l’indignation des associations de consommateurs. Agustín Reyna, directeur général du BEUC, a déclaré : « Voir la Commission prendre le parti des compagnies aériennes est décevant pour les consommateurs. La Commission dit en substance aux consommateurs européens que le bagage à main est un article de luxe qui doit être payé », selon le BEUC.

Le tribunal régional supérieur de Hamm (Allemagne) a par ailleurs déclaré invalide en janvier 2025 la clause « Fly Light » de Vueling qui limitait le bagage cabine gratuit à un seul petit article personnel (réf. 13 UKl 4/25), comme le rapporte Teltarif.

Une tension entre la loi et la jurisprudence

Le nouveau règlement crée une situation paradoxale : en codifiant explicitement la possibilité de facturer le bagage cabine (via le mécanisme d’opt-out), il pourrait entrer en conflit avec la jurisprudence Vueling qui qualifiait le bagage à main d’élément indispensable non facturable. Les associations de consommateurs annoncent déjà des recours contentieux pour tester la compatibilité du nouveau texte avec les principes dégagés par la CJUE.

Au-delà du bagage : les autres droits nouveaux

Aile d'avion dans les nuages lors d'un vol européen, symbolisant les droits renforcés des passagers aériens
Photo par Kilian Murphy sur Unsplash

La réforme dépasse largement la seule question du bagage cabine. Voici les avancées les plus significatives qui concernent tous les voyageurs.

Placement familial gratuit

Les enfants de moins de 14 ans doivent être placés gratuitement à côté d’un adulte accompagnateur. Cette règle s’applique également aux personnes handicapées, à mobilité réduite et aux femmes enceintes. Auparavant, les compagnies low-cost facturaient couramment 5 à 30 € par personne pour la sélection de siège, rendant le regroupement familial payant. Selon France 24, cette mesure était l’une des plus attendues par les familles.

Fin de la clause « no-show »

Le vol retour ne peut plus être annulé automatiquement si le passager n’a pas utilisé le vol aller. Cette pratique, particulièrement pénalisante pour les voyageurs d’affaires confrontés à des imprévus, était dénoncée de longue date.

Suppression des frais annexes abusifs

  • Correction d’erreur orthographique sur le billet : gratuite
  • Impression de la carte d’embarquement à l’aéroport : gratuite (si l’enregistrement est déjà effectué)
  • Carte d’embarquement numérique accessible sans obligation de créer un compte ni de télécharger une application spécifique

Droits renforcés pour les personnes handicapées

Selon le Forum européen des personnes handicapées (EDF), le règlement apporte des avancées majeures : remboursement intégral du matériel de mobilité perdu ou endommagé (la limite d’environ 1 300 € de la Convention de Montréal est supprimée pour les fauteuils roulants), mise à disposition gratuite et immédiate d’un équipement de remplacement temporaire, embarquement prioritaire, et conservation du fauteuil roulant jusqu’à la porte d’embarquement avec récupération immédiate à l’arrivée.

Droits en cas d’immobilisation sur le tarmac

Après 30 minutes d’immobilisation portes fermées, la compagnie doit assurer une température adéquate, l’accès aux toilettes et de l’eau gratuite. Après 2 heures, l’avion doit retourner à une porte d’embarquement et permettre le débarquement.

Remboursement automatique

Si le passager choisit le remboursement plutôt que le réacheminement, celui-ci doit être effectué automatiquement, sans démarche supplémentaire, sous 7 jours (14 jours si l’achat est passé par un intermédiaire).

Délais de traitement

  • Information des droits sous 4 jours après un incident
  • Accusé de réception d’une réclamation sous 7 jours ouvrés
  • Réponse motivée ou paiement sous 30 jours
  • Délai de réclamation pour le passager : 9 mois après le vol

Calendrier : à partir de quand ces règles s’appliquent-elles ?

Comptoir d'enregistrement dans un aéroport, où les nouvelles règles de transparence tarifaire s'appliqueront à partir de 2027
Photo par Jue Huang sur Unsplash

Pas avant le second semestre 2027, au plus tôt septembre 2027. Le processus législatif suit un calendrier en plusieurs étapes :

  • Vote du Parlement : 7 juillet 2026 (effectué)
  • Ratification par le Conseil de l’UE : attendue en août 2026
  • Publication au Journal officiel de l’UE : automne 2026
  • Entrée en vigueur : 20 jours après publication
  • Période de transition : 12 mois pour les compagnies
  • Application effective : septembre 2027 au plus tôt

Selon DLA Piper et Which?, les voyageurs ne verront aucun changement concret avant cette échéance. D’ici là, les règles actuelles du règlement (CE) n° 261/2004 continuent de s’appliquer dans leur intégralité.

Vote : 7 juillet 2026 Ratification : août 2026 Transition : 12 mois Effectif : mi-2027

Comment faire valoir ses droits : les nouveaux mécanismes de plainte

Le règlement renforce considérablement les outils à disposition des passagers pour faire respecter leurs droits. Voici la procédure type qui s’appliquera à partir de 2027.

La procédure de réclamation étape par étape

  1. Réclamation auprès de la compagnie : à déposer dans les 9 mois suivant le vol. La compagnie doit accuser réception sous 7 jours ouvrés et fournir une réponse motivée (ou le paiement) sous 30 jours.
  2. Saisine de l’organisme national de contrôle (NEB) : en cas de refus ou d’absence de réponse, le passager peut saisir le NEB de son pays dans un délai d’un an. En France, il s’agit de la DGAC (Direction générale de l’aviation civile).
  3. Résolution extrajudiciaire (ADR) : les passagers doivent être clairement informés de leur droit de recourir à des organismes de médiation agréés. En France, la médiation est devenue obligatoire avant toute action en justice depuis le 7 février 2026 (Médiateur Tourisme et Voyage).

Les décisions des NEB sont désormais contraignantes pour les deux parties, sous réserve de recours judiciaire. Des formulaires de réclamation standardisés seront disponibles dans toute l’UE. Selon EUbusiness, cette harmonisation des procédures constitue l’une des avancées les plus concrètes du texte.

Conseil pratique : conservez systématiquement votre carte d’embarquement, la confirmation de réservation et tout justificatif de dépenses engagées à la suite d’un retard ou d’une annulation (repas, hôtel, transport). Ces documents seront indispensables pour étayer votre réclamation. Prenez également des captures d’écran des informations affichées par la compagnie au moment de l’incident.

Application géographique : qui est concerné ?

Le règlement s’applique à tous les transporteurs de l’UE sur tous leurs vols, ainsi qu’aux transporteurs non-UE sur les vols au départ d’un aéroport de l’UE. Les intermédiaires et comparateurs de vols sont également tenus d’afficher le prix incluant le bagage cabine.

Cas du Royaume-Uni : post-Brexit, le Royaume-Uni applique son propre régime « UK261 », qui reste aligné sur le règlement de 2004 sans intégrer les réformes de 2026. Concrètement, un vol British Airways ou Jet2 au départ du Royaume-Uni n’est pas couvert par les nouvelles règles. En revanche, un vol Ryanair ou easyJet (compagnies européennes) au départ du Royaume-Uni l’est. Selon Timeout, le Royaume-Uni devrait à terme s’aligner pour éviter la complexité opérationnelle.

Nos conseils pour anticiper la réforme dès maintenant

Voyageur tirant sa valise dans un aéroport, prêt pour l'embarquement
Photo par Gabrielle Henderson sur Unsplash

1. Vérifiez systématiquement la grille bagages avant d’acheter

La diversité des politiques bagages est la règle, pas l’exception. Avant de réserver, consultez la page « Bagages » de la compagnie et notez trois chiffres : les dimensions autorisées pour l’objet personnel, celles pour le bagage cabine, et le poids maximal. Comparez-les avec les dimensions de votre sac.

2. Investissez dans un sac conforme à la norme 40 x 30 x 15 cm

Un petit sac à dos ou une sacoche conçue pour se glisser sous un siège d’avion est désormais le bagage le plus rentable. Des marques comme Cabin Max proposent des modèles spécifiquement dimensionnés pour les limites des compagnies low-cost. Ce format de 18 litres suffit pour un week-end si vous voyagez léger. Une fois votre billet réservé, laissez notre planificateur de voyage Pixidia vous aider à construire l’itinéraire qui vous ressemble.

3. Comparez le prix total, pas le prix d’appel

La transparence tarifaire va mécaniquement augmenter les prix affichés par les comparateurs pour les compagnies low-cost. Pour comparer objectivement, additionnez le prix du billet, le supplément bagage cabine (si vous en avez besoin) et les éventuels frais de siège. Le tarif « de base » d’une compagnie traditionnelle peut devenir plus compétitif qu’un tarif low-cost une fois les options ajoutées. Avant de réserver, vérifiez aussi si votre destination exige une réservation anticipée : notre article sur les sites européens où réserver est obligatoire en 2026 fait le point.

4. Anticipez les contrôles renforcés en porte d’embarquement

Ryanair a intensifié en 2026 les contrôles de bagages en porte d’embarquement, augmentant les bonus des agents de 1,50 € à 2,50 € par bagage refusé, selon EuroWeeklyNews. Si votre bagage dépasse les dimensions autorisées, les frais à la porte d’embarquement peuvent atteindre 4 fois le prix de la pré-réservation en ligne.

Rappel sécurité : la campagne « Save a Life, Not a Bag » lancée par IATA en juin 2026 rappelle que les bagages cabine représentent un danger en cas d’évacuation d’urgence. Ne prenez jamais votre bagage lors d’une évacuation. Les avions doivent pouvoir être évacués en 90 secondes avec seulement la moitié des issues utilisables.

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Questions fréquentes

La valise cabine devient-elle gratuite pour tous les vols en Europe ?

Non. Le règlement garantit uniquement un objet personnel gratuit de 40 x 30 x 15 cm, pas la valise cabine standard (trolley). Les compagnies peuvent continuer à facturer le bagage cabine, mais elles devront afficher un prix qui inclut le bagage cabine par défaut. Vous pourrez ensuite choisir un tarif réduit sans bagage cabine.

Quelles sont les dimensions exactes du bagage gratuit garanti ?

40 x 30 x 15 cm (volume de 18 litres). Cela correspond à un petit sac à dos, un sac à main ou une pochette d’ordinateur portable. Il doit pouvoir se ranger sous le siège devant vous. Ce droit est inconditionnel : il s’applique à tous les passagers, quel que soit le tarif ou la compagnie.

Les dimensions du bagage cabine sont-elles standardisées dans toute l’UE ?

Non, et c’est le principal reproche des associations de consommateurs. Chaque compagnie conserve ses propres limites : 55 x 40 x 20 cm (Ryanair, Vueling), 55 x 40 x 23 cm (Lufthansa, Wizz Air), 55 x 35 x 25 cm (Air France/KLM), 56 x 45 x 25 cm (British Airways, easyJet). Il n’existe pas de gabarit commun européen.

À partir de quand ces nouvelles règles s’appliquent-elles ?

Pas avant la seconde moitié de 2027, au plus tôt septembre 2027. Le calendrier prévoit une ratification par le Conseil de l’UE en août 2026, une publication au Journal officiel à l’automne 2026, puis une période de transition de 12 mois pour les compagnies. D’ici là, les règles actuelles du règlement de 2004 continuent de s’appliquer.

Les compagnies low-cost vont-elles augmenter leurs tarifs ?

Probablement oui pour le prix affiché. Les compagnies devront afficher un prix incluant le bagage cabine par défaut, ce qui augmentera mécaniquement le tarif visible par les comparateurs. Les estimations vont de +1,80 € par billet (Commission européenne) à +25 % (easyJet). Le coût total que vous paierez pourrait ne pas changer si vous optez pour le tarif sans bagage cabine (opt-out).

Ces règles s’appliquent-elles aux vols entre le Royaume-Uni et l’UE ?

Partiellement. Les vols opérés par des compagnies de l’UE (Ryanair, easyJet, Wizz Air) au départ du Royaume-Uni sont couverts. Les vols opérés par des compagnies britanniques (British Airways, Jet2) au départ du Royaume-Uni relèvent du régime UK261 non réformé. Dans le sens UE vers Royaume-Uni, tous les vols sont couverts.

Puis-je encore prendre mon vol retour si j’ai raté l’aller ?

Oui. La clause « no-show » qui permettait aux compagnies d’annuler automatiquement le vol retour si vous n’aviez pas utilisé l’aller est désormais interdite. Votre billet retour reste valide même en cas d’imprévu sur le trajet aller.

Les montants d’indemnisation pour retard ont-ils augmenté ?

Non. Les montants restent inchangés depuis 2005 : 250 € (moins de 1 500 km), 400 € (1 500 à 3 500 km), 600 € (plus de 3 500 km). Avec une inflation cumulée de 58,6 % depuis 2005, le pouvoir d’achat réel de ces indemnisations a considérablement diminué. Pour les vols de plus de 3 500 km avec un retard de 3 à 4 heures, l’indemnisation est limitée à 300 €.

Que faire si ma compagnie ne respecte pas les nouvelles règles ?

Déposez une réclamation auprès de la compagnie dans les 9 mois suivant le vol. En cas de refus ou d’absence de réponse sous 30 jours, saisissez l’organisme national de contrôle (NEB) de votre pays. En France, contactez la DGAC. Vous pouvez également recourir à un organisme de médiation agréé (Médiateur Tourisme et Voyage). Les décisions des NEB sont désormais contraignantes pour les compagnies.

Sources
  • Euronews : Vote du Parlement européen du 7 juillet 2026
  • OCU : Analyse du nouveau règlement européen par l’organisation de consommateurs
  • DLA Piper : Analyse juridique détaillée de la réforme EU261
  • Forbes : EU Air Passenger Reform: What To Know And Who Really Benefits?
  • IATA : Position de l’association du transport aérien
  • Which? : Guide des nouvelles règles bagages cabine
  • Timeout : Impact de la réforme sur les voyageurs britanniques
  • France 24 : Ici l’Europe : droits des passagers aériens renforcés
  • BTA : Déclaration du rapporteur Andrey Novakov
  • RTE : Amendes espagnoles et procédure d’infraction européenne
  • BEUC : Plainte collective contre 7 compagnies (mai 2025)
  • EDF : Avancées pour les personnes handicapées
  • The Brussels Times : Fin du bagage cabine gratuit chez Brussels Airlines
  • The Guardian : Réaction d’easyJet
  • EUbusiness : Mécanismes d’application renforcés
  • EuroWeeklyNews : Intensification des contrôles bagages Ryanair
  • Teltarif : Jugement OLG Hamm sur la clause Fly Light de Vueling
  • Horizn Studios : Guide comparatif des dimensions bagage cabine par compagnie
  • Euractiv : Analyse de l’érosion du pouvoir d’achat des indemnisations
  • Eurocontrol : Chiffres du trafic aérien européen 2025
  • IATA : Campagne « Save a Life, Not a Bag » (juin 2026)
  • Travel-Dealz : Nouveau tarif Basic Air France/KLM
  • Simple Flying : Analyse du tarif Economy Basic Lufthansa
  • KNEWS.MEDIA : Analyse des revenus bagages des compagnies low-cost
  • Forbes : Revenus annexes des compagnies aériennes
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