Mahan Air est sanctionnée par l’UE depuis 2019-2020 et Iran Air depuis le 14 octobre 2024 — il n’existe plus aucun vol direct entre la France et l’Iran. Depuis les frappes américano-israéliennes du 28 février 2026 et la fermeture de l’espace aérien iranien, rejoindre l’Iran est impossible ou extrêmement dangereux. Le gouvernement français place l’ensemble du territoire iranien en zone rouge : tout déplacement est formellement déconseillé. Le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril 2026 expire le 22 avril — la situation reste explosive.
En octobre 2024, l’Union européenne a sanctionné Iran Air, Mahan Air et Saha Airlines pour leur rôle dans le transfert de missiles balistiques vers la Russie. C’était déjà un choc pour les dizaines de milliers de Français d’origine iranienne et les binationaux qui comptaient sur ces compagnies pour rejoindre famille et proches. Puis le 28 février 2026, l’Opération Midnight Hammer américaine et les frappes israéliennes ont plongé l’Iran dans une guerre ouverte, fermant son espace aérien et paralysant l’ensemble des liaisons aériennes régionales. Aéroports évacués à Dubaï, Qatar Airways annulant 4 929 vols, l’aéroport Imam Khomeini de Téhéran totalement fermé jusqu’à mi-mars : ce guide fait le point complet sur ce que vous devez savoir si vous avez de la famille en Iran ou si vous cherchez à comprendre votre situation.
Mahan Air et Iran Air : chronologie d’une mise au ban progressive

De 2011 à 2024 : une mise au ban par étapes
L’histoire des sanctions contre les compagnies aériennes iraniennes commence bien avant 2026. Mahan Air a été placée sur la liste noire du Trésor américain dès 2011, pour avoir fourni un soutien logistique à la Force Qods, l’unité spéciale du Corps des gardiens de la révolution islamique chargée des opérations à l’étranger. Entre 2019 et 2020, la compagnie a été interdite en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne, accusée de transporter des armes vers la Syrie et le Liban, et des personnels du CGRI. En 2024, de nouveaux éléments ont émergé suggérant que Mahan Air transportait des armes vers la Russie.
Le 14 octobre 2024, la Commission européenne a franchi un pas décisif. Le Conseil de l’UE a adopté des sanctions contre Iran Air, Saha Airlines et Mahan Air — en réponse directe au transfert de missiles balistiques iraniens vers la Russie, une ligne rouge explicitement tracée par le Conseil européen dès mars 2024. La décision est entrée en vigueur immédiatement : gel des avoirs, interdiction de voyager, et prohibition de toute transaction avec ces compagnies pour des personnes ou entreprises de l’UE.
La réaction d’Iran Air ne s’est pas fait attendre : dès le lendemain, la compagnie nationale a annulé l’ensemble de ses vols vers l’Europe — Rome, Milan, Vienne, Hambourg, Cologne, Francfort et Paris — pour éviter tout incident dans les aéroports européens. Iran Air était la dernière compagnie encore à opérer des vols réguliers entre l’Union européenne et l’Iran. Son retrait a mis fin aux liaisons directes.
28 février 2026 : la guerre qui a paralysé les cieux du Moyen-Orient

Chronologie du chaos aérien : du 13 juin 2025 au 8 avril 2026
Pour comprendre la situation de 2026, il faut remonter au 13 juin 2025, quand Israël a déclenché l’Opération Rising Lion contre des sites nucléaires, des scientifiques et des infrastructures énergétiques iraniennes. Le 22 juin 2025, les États-Unis ont mené l’Opération Midnight Hammer, ciblant les installations nucléaires de Fordo, Natanz et Ispahan avec des bombardiers furtifs B-2 Spirit. L’Iran a riposté, mais le conflit a connu une pause relative à l’automne 2025.
Ce répit a été de courte durée. En décembre 2025 et janvier 2026, des manifestations massives ont secoué l’Iran, provoquées par l’effondrement économique et la chute libre du rial. Puis, le 28 février 2026, une nouvelle vague de frappes américano-israéliennes a ciblé des sites militaires et gouvernementaux iraniens — dont l’assassinat du Guide suprême Ali Khamenei. L’Iran a répondu par des frappes de missiles et de drones contre Israël, des bases américaines au Moyen-Orient, et les pays arabes de la région. Le détroit d’Ormuz a été fermé.
Le carnage aérien a été immédiat : au moins huit pays ont fermé simultanément leur espace aérien — l’Iran, Israël, l’Irak, la Jordanie, le Qatar, Bahreïn, le Koweït et les Émirats arabes unis. L’aéroport international de Dubaï, le plus fréquenté au monde, a été évacué après des frappes de représailles iraniennes. L’aéroport Hamad de Doha a subi des attaques de missiles et de drones ciblant directement les infrastructures civiles. Entre le 28 février et le 24 mars 2026, Qatar Airways a annulé 4 929 vols — soit 89 % de ses services programmés. Des dizaines de milliers de passagers se sont retrouvés bloqués dans les halls de départ.
À Téhéran : l’aéroport international Imam Khomeini (IKA) est apparu totalement fermé au moins jusqu’à mi-mars, selon les données de FlightAware. Les cieux au-dessus de la capitale iranienne étaient vides. Notre dossier sur les répercussions dans les aéroports français de cette crise détaille l’impact sur les liaisons Paris-CDG. Pour les passagers dont les vols ont été annulés, consultez notre guide sur la force majeure et vos droits en cas de vol annulé.
Situation au 19 avril 2026 : un cessez-le-feu précaire qui expire le 22 avril

Un cessez-le-feu de deux semaines qui n’a pas tenu ses promesses
Un cessez-le-feu temporaire de deux semaines a été annoncé le 8 avril 2026. Le vice-président américain JD Vance l’a qualifié de « trêve fragile ». Les négociations de haut niveau qui ont suivi à Islamabad se sont soldées sans accord. Pire : les États-Unis ont annoncé des plans pour un blocus naval des ports iraniens et du détroit d’Ormuz, que l’Iran a prévenu de traiter comme un acte de guerre. Le cessez-le-feu expire le 22 avril 2026 — dans trois jours à la date de cet article.
L’EASA a mis à jour son Bulletin d’Information sur les Zones de Conflit (valable jusqu’au 24 avril) : les opérateurs européens doivent éviter l’espace aérien de Bahreïn, de l’Iran, de l’Irak, d’Israël, de la Jordanie, du Koweït, du Liban, du Qatar, des Émirats arabes unis, d’Oman et d’Arabie saoudite. Seule une exception étroite existe pour le sud d’Oman et l’Arabie saoudite au-dessus du niveau de vol 320.
Situation par hub (au 19 avril 2026)
- Istanbul (IST) : Turkish Airlines et Pegasus ont suspendu tous les vols vers l’Iran jusqu’à fin avril minimum
- Dubaï (DXB) : Emirates et flydubai ont repris partiellement, mais les vols vers l’Iran restent suspendus ou soumis à approbation préalable de l’aviation civile iranienne
- Doha (DOH) : Qatar Airways reprend graduellement — mid-mai au mieux pour des liaisons partielles
- Erevan (EVN) : l’espace aérien arménien reste ouvert — trafic accru depuis les détournements de routes
- Tbilissi (TBS) : Georgian Airways a maintenu des opérations continues — hub stable dans la région
- Air Arabia (Sharjah) : annonce une reprise sur Mashhad, Shiraz et Lar — mais uniquement avec approbation préalable de l’Autorité de l’aviation civile iranienne
Binationaux franco-iraniens : une situation juridique et humaine critique
La non-reconnaissance de la double nationalité : le piège juridique fondamental
La diaspora iranienne en France est estimée à plusieurs dizaines de milliers de personnes — installées principalement en région parisienne, dans le 15e arrondissement, aux environs de La Défense et à Créteil. Ils sont directement concernés par la situation actuelle. Mais avant même d’aborder la question des vols, il est indispensable de comprendre la réalité juridique fondamentale : les autorités iraniennes ne reconnaissent pas la double nationalité.
Un binationale franco-iranien qui entrerait en Iran avec son passeport iranien ne pourra pas solliciter la protection consulaire française. L’ambassade de France ne sera pas nécessairement informée d’une arrestation ou d’une détention. Les demandes de visites consulaires subissent de longs délais et sont accordées rarement, de manière aléatoire, avec un préavis très court. De plus, les binationaux masculins de plus de 17 ans non à jour de leur service militaire iranien s’exposent à des difficultés supplémentaires à l’entrée sur le territoire.
L’affaire Cécile Kohler et Jacques Paris : un avertissement concret
Le cas de ces deux ressortissants français illustre les risques. Arrêtés en Iran, ils y ont été détenus pendant plus de trois ans et demi. En mai 2025, la France avait saisi la Cour internationale de justice, estimant que l’Iran violait la Convention de Vienne sur les relations consulaires. Le Quai d’Orsay n’avait obtenu que quatre visites consulaires, dans des conditions très restrictives. Cécile Kohler et Jacques Paris ont été reçus à l’Élysée le 8 avril 2026, après leur arrivée à Paris ce même jour — cinq mois après avoir été transférés à la résidence de France à Téhéran. Notre dossier sur les procédures d’évacuation consulaire et vos droits détaille les démarches à suivre si vous avez des proches bloqués en Iran.
Options alternatives : les corridors encore théoriquement praticables

Erevan et Tbilissi : les deux corridors nord qui restent ouverts
Avant toute chose : cette section ne constitue pas une incitation à se rendre en Iran. Elle vise uniquement à informer les personnes qui, en raison de circonstances exceptionnelles (urgence familiale humanitaire, rapatriement), devraient disposer d’une information factuelle sur les corridors encore théoriquement praticables.
Le corridor nord via le Caucase est le moins compromis : Paris → Erevan (Air France ou Austrian/Lufthansa via connexion) → frontière terrestre Nordouz ou Astara vers l’Iran. L’espace aérien arménien (Yerevan FIR) est resté ouvert et connaît même un trafic accru depuis que les vols se détournent vers le nord pour contourner le corridor Moyen-Orient fermé. Le couloir Arménie-Azerbaïdjan est devenu l’une des principales routes de substitution. Georgian Airways a, de son côté, maintenu ses opérations depuis Tbilissi et a repris son vol vers Tel Aviv mi-avril.
Complication à Tbilissi : le 5 mars 2026, des drones iraniens ont traversé l’Azerbaïdjan et l’un a frappé le terminal de l’aéroport de Nakhchivan. Un NOTAM a temporairement fermé le secteur sud du FIR de Bakou, mais les routes principales restent disponibles. Les frontières terrestres de l’Iran, notamment vers l’Arménie et la Turquie, sont pour l’heure ouvertes, selon le Quai d’Orsay — mais avec une forte recommandation de vérifier avant tout déplacement vers ces frontières par la route.
Tableau récapitulatif des options (19 avril 2026)
| Route | Statut | Risque |
|---|---|---|
| Paris → Téhéran direct (Iran Air) | ❌ Annulé depuis oct. 2024 | Maximal |
| Paris → Istanbul → Téhéran (Turkish) | ❌ Suspendu jusqu’à fin avril | Très élevé |
| Paris → Dubaï → Téhéran (Emirates) | ❌ Suspendu (approbation requise) | Très élevé |
| Paris → Erevan + frontière terrestre | ⚠️ Erevan OK, frontière risquée | Élevé |
| Paris → Tbilissi + frontière terrestre | ⚠️ Tbilissi OK, frontière risquée | Élevé |
| Paris → Doha → Téhéran (Qatar Airways) | ❌ Suspendu jusqu’à mi-mai | Maximal |
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À partir de 0,99 €/jourFAQ — Vos questions sur les compagnies iraniennes bannies et le voyage en Iran
Peut-on encore voler vers l’Iran depuis la France en avril 2026 ?
Non. Deux obstacles rendent cela impossible ou extrêmement dangereux. D’abord, Iran Air n’opère plus aucun vol vers l’Europe depuis le 15 octobre 2024 (sanctions UE). Ensuite, depuis les frappes du 28 février 2026 et la guerre qui en a résulté, l’espace aérien iranien est fermé ou extrêmement restreint. Toutes les compagnies non sanctionnées (Turkish Airlines, Pegasus, Emirates, Qatar Airways) ont suspendu leurs liaisons vers l’Iran. L’ensemble du territoire iranien est classé en zone rouge par le gouvernement français : tout déplacement est formellement déconseillé.
Mahan Air ou Iran Air pourraient-elles être désanctionnées prochainement ?
C’est hautement improbable à court terme. Le cadre européen de sanctions visant les transferts de missiles et de drones iraniens a été élargi en mai 2024 et se renouvelle annuellement. Compte tenu de la guerre en cours, tout allègement suppose une résolution durable du conflit. Les experts de l’aviation estiment qu’en supposant un vrai accord de paix, il faudrait encore plusieurs mois pour que les compagnies reconstituent leurs droits de trafic et reprennent leurs opérations européennes.
Je suis binationale franco-iranienne et ma famille est en Iran. Que faire ?
La situation est très difficile. Ne voyagez pas en Iran — le Quai d’Orsay déconseille formellement tout déplacement. Si votre famille est en danger immédiat, contactez le Centre de Crise et de Soutien (CDCS) du Quai d’Orsay, disponible 24h/24 : +33 1 53 59 11 00. Rappelez-vous que les autorités iraniennes ne reconnaissent pas la double nationalité — si vous entrez en Iran avec votre passeport iranien, vous ne pourrez pas bénéficier de la protection consulaire française. Inscrivez-vous sur ARIANE (ariane.diplomatie.gouv.fr) si vous n’est pas encore fait. Pour les transferts d’argent vers l’Iran, les sanctions financières compliquent fortement les virements bancaires — consultez un avocat spécialisé.
Les frontières terrestres de l’Iran sont-elles ouvertes ?
Selon le Quai d’Orsay au 19 avril 2026, les frontières terrestres de l’Iran, notamment vers l’Arménie et la Turquie, sont pour l’heure ouvertes. Cependant, le gouvernement français recommande de vérifier avant de rejoindre ces frontières, la situation pouvant évoluer rapidement. Cette option reste extrêmement risquée et formellement déconseillée, même en cas d’urgence familiale. Les conditions aux postes frontaliers peuvent changer sans préavis.
Mon vol vers l’Iran ou la région a été annulé — ai-je droit à une indemnisation ?
C’est une question complexe. En principe, les fermetures d’espace aérien liées à un conflit armé peuvent être qualifiées de « circonstances extraordinaires » excluant l’obligation d’indemnisation au titre du règlement européen CE 261/2004. Cependant, les compagnies restent tenues de vous offrir le remboursement intégral du billet ou un réacheminement. Certaines compagnies ont également proposé des politiques de remboursement volontaires plus généreuses — Turkish Airlines, par exemple, a offert un remboursement gratuit jusqu’au 10 mai 2026. Utilisez un service de vérification gratuit pour évaluer votre situation spécifique.
Quand les liaisons aériennes vers l’Iran pourraient-elles reprendre ?
Aucun expert ne se risque à une date précise. Le cessez-le-feu en vigueur expire le 22 avril 2026 et les négociations d’Islamabad ont échoué. Les États-Unis ont annoncé un blocus naval des ports iraniens. « En supposant un cessez-le-feu durable — ou mieux encore, un accord de paix — il faudra quelques mois pour que la production et la livraison normales de carburant d’aviation reprennent », estime un analyste de l’industrie cité par ABC News. Les compagnies seront peu susceptibles de reprendre leurs routes avant des preuves claires que la stabilité s’installe. Pour Iran Air spécifiquement, il faudra en plus que les sanctions UE soient levées — un processus politique long et incertain.
Puis-je envoyer de l’argent à ma famille en Iran ?
Les sanctions financières compliquent très fortement les transferts vers l’Iran. Les cartes bancaires et les chèques de voyage ne sont pas acceptés en Iran. La plupart des banques européennes refusent d’effectuer des virements vers des comptes iraniens en raison des sanctions. Les systèmes de transfert informels (hawala) sont utilisés par la diaspora, mais comportent des risques légaux en France selon les montants et le traçage. Consultez impérativement un avocat spécialisé en droit des sanctions avant tout transfert.
Y a-t-il des compagnies non sanctionnées par l’UE qui opèrent encore vers l’Iran ?
Au 19 avril 2026, toutes les grandes compagnies non sanctionnées (Turkish Airlines, Pegasus, Emirates, flydubai, Qatar Airways, Kuwait Airways) maintiennent leurs suspensions de vols vers l’Iran. Air Arabia depuis Sharjah a annoncé une reprise sur certaines villes iraniennes (Mashhad, Shiraz, Lar) mais uniquement avec l’approbation préalable de l’Autorité de l’aviation civile iranienne — une procédure longue et incertaine. Quelques compagnies d’Asie centrale (Uzbekistan Airways, FlyArystan) maintiendraient théoriquement des liaisons vers Téhéran, mais avec des tarifs exorbitants, des conditions très volatiles et des autorisations requises. Ces options ne doivent être envisagées qu’en dernier recours et avec un accompagnement consulaire.
Sources
- Conseil de l’UE — Décision de sanctions du 14 octobre 2024 contre les compagnies aériennes iraniennes
- France Diplomatie — Conseils aux voyageurs Iran (mis à jour mars 2026)
- France Diplomatie — Dernières alertes Iran
- Élysée — Allocution du Président Macron sur l’Iran (3 mars 2026)
- Al Jazeera — Fermetures d’espace aérien lors des frappes (28 février 2026)
- Safe Airspace — Zones de conflit aérien, Iran
- OPSGROUP — Situation opérationnelle du Moyen-Orient (avril 2026)
- The National — Mises à jour des compagnies aériennes (9 avril 2026)
- Time Magazine — Impact de la guerre sur les voyages au Moyen-Orient
- Euronews — Mahan Air et l’espace aérien iranien (juin 2025)
- CH-Aviation — Sanctions UE sur Iran Air, Mahan Air et Saha Airlines
- Simple Flying — Les compagnies les plus perturbées par les fermetures d’espace aérien
- Wego Blog — Statut de l’aéroport d’Istanbul (avril 2026)
- Gulf News — Air Arabia reprend des vols vers l’Iran, la Géorgie et l’Arménie
- ABC News — Impact de la guerre sur les coûts des vols (18 avril 2026)
- Parlons-Politique — Libération de Cécile Kohler et Jacques Paris, enjeux pour les binationaux
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